Deux courants, l'un venant du sud-ouest, l'autre du sud-est, se rencontrèrent au centre même du hameau de Montigny-la-Cour (Aisne), formé d'une agglomération de fermes; en quelques secondes, la tornade résultant de ce choc formidable détruisait les bâtiments: il n'en restait plus que des pans de murs effondrés, des carcasses de toitures, dont les charpentes de fer avaient été tordues comme des brins d'osier, les lourdes plaques de tôle ondulée emportées à des distances invraisemblables; les chariots renversés, les meubles brisés gisaient pêle-mêle parmi l'amas des décombres. Quant aux champs environnants, ils étaient littéralement fauchés. De pareils sinistres ont signalé la journée du 4 juillet. A Cravant, commune du canton de Beaugency (Loiret), une partie des maisons renversées ont enseveli sous leurs ruines leurs habitants, plus ou moins grièvement blessés. La ville d'Angers a été également fort éprouvée: outre des dégâts matériels considérables, on a eu à y déplorer deux morts; quantité d'arbres jonchaient le sol; sur les bords de la Maine, on remarquait un tronc robuste que le cyclone avait non seulement décapité, mais encore décortiqué d'une façon curieuse.

A la même date, l'ouragan sévissait en Belgique. Sur la grande route de Bruxelles, entre Ath et Enghien, au hameau de Bourlon, commune de Bassilly, le moulin dit «du Prince» était détruit par la foudre; celui de Ghislenghien, occupant une éminence, à l'intersection des routes de Bruxelles et de Soignies, était complètement rasé.

EN BELGIQUE: le moulin «du Prince» à Bassilly, après
l'orage du 4 juillet.
Phot. Navau.

A PARIS.--Le cortège escorté par le détachement des
marins américains arrivant à la gare des Invalides.

LA TRANSLATION DES RESTES DE L'AMIRAL PAUL JONES

A PARIS.--La marine américaine et
l'armée française fraternisant.

La translation des restes de l'amiral John-Paul Jones, au sujet de laquelle nous avons publié une information préliminaire dans notre dernier numéro, s'est effectuée, comme il convenait, avec un apparat solennel. A cette occasion, le gouvernement des États-Unis avait envoyé à Paris un détachement de marins et de soldats d'infanterie de marine comptant 486 hommes et 22 officiers, qui, reçus à l'école militaire, trouvèrent auprès de leurs camarades de l'armée française un fraternel accueil.