Cinquante-cinq véhicules de tous ordres, et dont plusieurs sont extrêmement ingénieux, ont pris part au concours.

Un pont dans la Saône.

Un pont tombé dans la Saône, pendant son lancement,
à Guéreins (Ain).
Phot. comm. par M. Duquaire

Un de ces accidents que les progrès de la construction métallique rendent de plus en plus rares vient de se produire à Guéreins, dans l'Ain. Un pont mixte, destiné à la fois au passage des voitures et des piétons, entre Guéreins et Belleville, et à l'établissement d'une ligne projetée entre Beaujeu et Châtillon-sur-Chalaronne, a plongé par une de ses extrémités dans la Saône. Après l'achèvement des soutiens de maçonnerie, on avait voulu, selon l'usage, faire glisser de pile à pile, jusque sur l'autre rive, la partie du tablier du pont qui devait y trouver sa place définitive. Pour atténuer la trop grande portée à vide du pont avant qu'il atteignît les piles, on l'avait muni d'un avant-bec de texture plus légère, qui viendrait reposer d'abord sur les galets du soutien et servir de conducteur à la travée. L'opération commença dans ces conditions. Mais à peine le bec se fut-il appuyé sur la première pile qu'il se rompit, au cours d'un violent orage. Le pont, privé de son soutien, plongea du nez dans la Saône à une profondeur de 4 mètres. Il faudra, dit-on, plus de six mois pour réparer l'accident.

Le prix du blé depuis cent ans.

M. Bêla Foelder, professeur à l'université de Budapest, vient de publier une étude sur le prix de l'hectolitre de blé, depuis le commencement du dix-neuvième siècle, pour la France, l'Angleterre, la Prusse, l'Italie, la Belgique et l'Autriche-Hongrie; et M. Levasseur, notre éminent économiste, a eu l'heureuse idée de traduire ces chiffres en un graphique qu'il a présenté à la Société de statistique.

Sur ce graphique, on distingue trois périodes bien tranchées: de 1800 à 1850, il y a un grand écart d'une courbe à l'autre; le prix est constamment plus élevé en Angleterre, surtout de 1801 à 1812, pendant les guerres de l'Empire. En Hongrie, le prix est très bas et descend jusqu'à 3 francs l'hectolitre en 1826.

Dans la seconde moitié du dernier siècle, la vapeur diminue les frais de transport et le télégraphe facilite les relations; le commerce s'organise et l'on voit ces courbes se rapprocher les unes des autres jusqu'en 1870.

Mais, en 1870, la relation change. La courbe de l'Angleterre descend au-dessous de celle de la France et de nouveaux écarts apparaissent, qui résultent vraisemblablement des droits de douane.