Une des particularités de l'ancien théâtre actuellement démoli était que, par tradition, des amateurs seuls devaient y tenir des rôles. Bien des gens connus, le marquis Alfieri, la comtesse Amati, M. Millet, résident à Tunis, etc., furent éclairés par sa rampe, aux feux de laquelle Coppée fit représenter sa première pièce: Mon Journal.

Conformément aux vieux principes, c'est une troupe élégante, recrutée dans la haute société parisienne, qui, pour la représentation d'inauguration du nouveau théâtre, a interprété eux pièces, les Coteaux du Médoc, de Tristan Bernard, et 1807, d'Aderer, précédées d'un prologue en vers de M. le comte Durrieu.

Un sérum antituberculeux.

Il y a quelques semaines, au hameau de Goizet, commune de Saint-Denis-de-Piles (Gironde), un mouvement inaccoutumé se produisait autour d'une vache. Cette vache, comme on peut le voir sur une de nos photographies, était présentée à une assemblée d'experts et de notabilités locales par un vétérinaire: elle semblait se fort bien porter. Quelques minutes après elle était sacrifiée et, comme le montre l'autre photographie, on en faisait l'autopsie. Et c'est à cause de cette vache que tout ce monde s'était réuni. Atteinte de tuberculose généralisée, il y a quelques mois, elle était tombée au dernier degré de la cachexie, ne mangeait plus, et paraissait devoir mourir à bref délai. La tuberculine de Koch avait, à diverses reprises, révélé toute l'étendue du mal. Le vétérinaire V.-J.-T. Faure la vit et, aussitôt, à l'instigation de la marquise de Castellane, essaya l'action d'un sérum inventé par le docteur Cuguillière, de Toulouse, qui avait donné de bons résultats dans un autre cas. La vache se remit: on voit qu'elle a bonne apparence. Mais ce n'était pas pour la garder indéfiniment qu'on l'avait ressuscitée: on voulait examiner l'état de ses lésions et s'assurer, par l'autopsie, de sa guérison. On la sacrifia donc et l'autopsie fut faite sous la présidence du docteur Arnozan, le professeur à la faculté de Bordeaux, montrant que les lésions étaient bien guéries, de façon générale. Pourtant, quelques-unes subsistaient encore, mais impuissantes à agir sur l'état général de l'animal et en voie de guérison. La question est de savoir si ces lésions sont stériles ou s'il y reste des bacilles vivants. On ne saura ce qu'il en est que par des cultures et inoculations qui sont actuellement encours. Peut-être s'est-on un peu trop pressé de sacrifier la vache; peut-être aurait-il fallu la traiter 8 ou 10 mois, au lieu de 6.

En tout cas, si l'on avait un sérum capable d'améliorer l'état d'un animal tuberculeux (et aussi d'un être humain) au point où la vache de Goizet a été amélioré, ce serait un résultat des plus remarquables. Nous regrettons toutefois de ne pouvoir donner aucun détail sur le sérum du médecin toulousain: rien n'a été dit sur la manière de l'obtenir et, d'autre part, nous n'avons aucune statistique des cas traités par M. Cuguillière. Il convient donc de rester très réservé tant que nous ne disposerons pas de documents probants et certifiés par des praticiens experts.

Présentation, par le vétérinaire Faure, d'une vache traitée par le sérum antituberculeux du docteur Cuguillière. La vache tuberculeuse, immolée, est autopsiés et reconnus en voie de guérison.
Photographies Sereni.

L'EXPERIMENTATION D'UN NOUVEAU SÉRUM ANTITUBERCULEUX.

Quelle épaisseur doivent avoir les murs des habitations?

En hiver, nous chauffons nos maisons; mais il se perd beaucoup de chaleur. C'est la faute des murs qu'on fait trop minces, par raison d'économie. Les murs de 20 à 25 centimètres, qui sont très courants dans les constructions légères, sont absolument insuffisants. Avec des murs de 60 centimètres, les variations saisonnières de température sont beaucoup moins sensibles. Mais, pour bien faire, il faudrait un mètre d'épaisseur,--comme dans les vieux châteaux. Nous ne sommes pas, tant s'en faut, près d'adopter de telles épaisseurs. Au contraire, on les réduit; et l'on peut le faire, grâce à l'emploi de substances qui, tout en ayant moins d'épaisseur, ont autant de solidité. La nature des matériaux importe beaucoup: les substances poreuses perméables à l'air, briques perforées, mortier maigre au sable, ralentissent les variations thermiques. Mais les matières poreuses prennent vite l'humidité. Dans les murs mitoyens entre habitations, on devrait laisser un intervalle de 5 centimètres, qu'on bourrerait de débris de liège, feutre, coton, papier. Entre les étages, dans les entrevous, il faudrait un matelas de mâchefer, de scories, de charbon. Et les toitures devraient être à double paroi, avec matelas d'air interposé. Telles sont les conclusions d'un hygiéniste allemand, M. Nussbaum, de Hanovre, qui vient de s'occuper dé la question.