Nous empruntons sa description au remarquable mémoire du docteur Guglielminetti: les Différents Moyens de combattre la poussière des routes.

Les appareils Lassailly se composent essentiellement de deux voitures: l'une, chauffe-goudron, destinée à porter le goudron à la température voulue (90° environ); l'autre, goudronneuse, prenant le goudron ainsi chauffé dans la première et l'étalant automatiquement sur le sol. Pour les travaux qu'elle a à exécuter dans Paris et la banlieue, la Société Lassailly n'emploie que la seconde voiture, qui vient s'alimenter à l'usine de distillation, à Issy.

La vapeur est l'agent de chauffage et de propulsion adopté; son efficacité est très grande, puisque, en moins d'une demi-heure, on peut charger, chauffer et refouler dans la voiture goudronnante 1.000 litres, soit 1.200 kilos de goudron. Pendant que la goudronneuse étale automatiquement ces 1.000 litres, une nouvelle charge est introduite et chauffée à la température voulue dans le chauffe-goudron et l'opération se continue sans arrêt.

A remarquer dans cette goudronneuse un bac régulateur placé au-dessous de la tonne, dans lequel le goudron est maintenu, suivant les indications d'un flotteur, à une hauteur constante, ce qui permet d'obtenir une vitesse de sortie uniforme et, par suite, un épandage régulier de goudron. Cet épandage se fait au moyen d'une rampe alimentée par ledit bac et percée de trous dont le nombre et le diamètre sont fonction de la vitesse moyenne d'un cheval et de la quantité de goudron à répandre par mètre carré.

Une attention particulière doit être aussi accordée au système de balais-lisseurs qui prennent le goudron chaud au sortir de la tonne et l'étalent en une couche mince parfaitement régulière. Ces balais, absolument mobiles, sont attelés par des chaînes à la voiture et suppriment l'équipe de balayeurs, qui représente le facteur le plus élevé dans l'application du goudronnage, sans compter que ce travail, fait en pleine chaleur, sous les rayons ardents du soleil, constitue un métier très pénible et que l'on peut, sans exagération, taxer de «galérien».

Bref, les appareils Lassailly, tant par leur construction bien comprise que par les résultats qu'ils ont déjà donnés, paraissent réaliser toutes les conditions désirables pour le goudronnage, et nous ne saurions trop engager nos lecteurs que la question intéresse à s'adresser à la Société générale de goudronnage, qu'ils pourront d'ailleurs voir opérer à bref délai dans les différentes rues macadamisées de la capitale (principalement dans le quartier des Ternes), puisque cette Société vient d'être déclarée adjudicataire pour cette année du goudronnage de Paris.

Note du transcripteur: ce supplément ne nous a pas été fourni.