CRAINQUEBILLE.

Vous me remettez pas, madame Laure? Le marchand de poireaux.

MADAME LAURE.

Je vois bien, (au marchand de marrons.) Ne me les tirez pas de votre sac. On ne sait pas depuis combien de temps ils sont là à refroidir.

LE MARCHAND DE MARRONS.

Ils sont bouillants, ils me brûlent les doigts.

CRAINQUEBILLE.

Vous avez de la peine à me remettre parce que je n'ai pas ma voiture. Ça change les personnes, des fois... Et ça va toujours comme vous voulez, madame Laure? (Il lui louche le bras.) Je vous demande si ça va toujours comme vous voulez?

MADAME LAURE.

Eh! l'Auverpin, allons, vite mes châtaignes. J'ai de la compagnie qui m'attend. C'est fête aujourd'hui. Je ne reçois que des gens que je connais.