Un nouvel enseignement commercial.

Les nécessités de la vie économique contemporaine ont décidé la Chambre de commerce de Paris à réorganiser son Ecole supérieure de commerce. Sous le titre nouveau et significatif d'École supérieure de commerce et d'industrie, elle en a fait l'institution modèle dans la forme définitive qu'avaient rêvée sans doute ses fondateurs, Brodart et Legret, négociants à Paris; leurs principaux collaborateurs, J.-B. Say, Chaptal, de Prony, Ch. Dupin, Casimir-Périer, Jacques Laffitte, et peut-être aussi l'un de ses plus distingués directeurs, Adolphe Blanqui.

Aidée par l'État et par la ville de Paris dans cette grande entreprise, la Chambre de commerce justifie aujourd'hui leur confiance en apportant à l'organisation de l'École des remaniements qui aboutissent à la création, avenue de la République, d'un enseignement commercial complet, à la fois rationnel et pratique, conçu d'après les données les plus modernes et qui forme, pour le commerce général ou d'exportation, pour la banque, l'industrie, les administrations, etc., des jeunes gens capables de devenir soit des employés supérieurs, soit des directeurs de services ou des chefs de maison.

Cet enseignement est donné à des jeunes gens âgés de douze à dix-neuf ans.

Une section de navigation maritime, placée sous le contrôle du ministère de la Marine, est annexée à l'École. Le diplôme de sortie confère en même temps le certificat d'aptitude (examen de théorie) pour le brevet supérieur de capitaine au long cours.

La respiration du sol.

Tout comme les êtres vivants, le sol de notre planète respire, c'est-à-dire aspire et expire de l'air, tour à tour. Mais, différent en cela des êtres vivants, il ne respire pas par ses moyens propres: il reste passif dans cette affaire. On savait bien, depuis longtemps, que les interstices du sol sont remplis d'air, et l'on savait aussi qu'il devait y avoir tantôt plus d'air, et tantôt moins, dans le sol, sous l'influence des variations barométriques. Mais rien ne démontre et n' «illustre» mieux le phénomène que les puits sur lesquels M. F. Gerlier, médecin à Ferney-Voltaire, vient d'attirer l'attention. Ces puits, situés dans le canton de Genève, présentent cette particularité d'aspirer l'air à certains moments et de le refouler à d'autres. Il est facile de voir s'ils aspirent ou expirent: ils sont fermés par une dalle solide, pourvue d'un petit orifice, permettant d'avoir prise sur elle et de la soulever; il suffit de placer une allumette enflammée, un bout de plume, etc., sur l'orifice, pour voir de suite s'il y a courant d'air, et dans quel sens. On peut encore poser un sifflet dans l'orifice, en l'entourant de mastic: selon le sens où le sifflet est posé, on a un sifflement continu pendant l'inspiration ou l'expiration du puits et l'on peut faire savoir au loin, automatiquement, si l'on va vers le beau temps ou vers la pluie. Car les puits qui soufflent ou aspirent sont essentiellement barométriques. Ils réagissent aux influences qui font monter ou descendre le baromètre et les habitants des villages les considèrent comme d'excellents baromètres. Dès que le baromètre monte, en même temps qu'il monte, plutôt, le puits aspire. La pression barométrique étant plus forte dehors, l'équilibre de la pression de l'air dans le sol ne peut s'établir que par la poussée de l'air extérieur vers le souterrain: de là apparence d'aspiration du puits. Si le baromètre baisse, en dehors, le phénomène inverse se produit. La pression est forte dans le sol, faible dans l'air; l'équilibre s'établit par la poussée de l'air relativement comprimé du sol vers l'extérieur: le puits expire. Rien n'est plus naturel, ou d'explication plus facile, quand on considère les puits particuliers dont il s'agit. Ils sont tous profonds, pauvres en eau, souvent à secs et forés dans une couche de gravier. Une couche de gravier, cela représente beaucoup de vides et d'interstices; cela fait un réservoir d'air étendu, par conséquent. Et le puits est, en réalité, le tuyau par où communiquent un réservoir d'air souterrain et un autre réservoir, qui est l'atmosphère. Toujours l'équilibre tend à s'établir entre la pression, dans les deux réservoirs; et elle s'établit en donnant lieu aux mouvements d'aspiration et d'expiration. Une augmentation de pression dans l'air extérieur, qui se traduit par une hausse du baromètre, se traduit par un refoulement d'air dans le réservoir souterrain qui est à pression moindre--celle où le baromètre se trouvait avant de commencer à monter. La baisse de pression dans l'air a pour conséquence une expiration: l'air souterrain étant à pression forte--celle du baromètre avant sa descente--il est chassé par sa pression dans l'air extérieur, naturellement, où la pression est moindre. Le sol respire donc, là surtout où il est très perméable et renferme beaucoup d'air.

La nouvelle faune du vieux port de Marseille.

Les personnes qui ont connu Marseille avant l'établissement du canal de la Durance se rappellent certainement quel immonde cloaque était le vieux port, où débouchaient tous les égouts de la vieille ville. La saleté des fonds et des eaux était légendaire, les poissons n'y vivaient pas, et il était admis qu'un des meilleurs moyens de débarrasser les coques des navires des nombreux animaux qui les envahissaient était de les faire séjourner quelque temps dans les eaux du vieux port.

Quand le canal de la Durance fut fait, il y eut un apport d'eau douce plus considérable, et les coquillages purent vivre jusqu'au tiers de la longueur du bassin; puis, dès 1885, Marseille fit établir le tout-à-l'égout et les immondices de la ville ne se déversèrent plus dans le port, mais sur la côte, à une quinzaine de kilomètres à l'est. Très rapidement alors les eaux du vieux port prirent de la limpidité, des algues apparurent partout, et les Marseillais purent s'y livrer à la pêche d'une façon fructueuse.