La civilisation a été vite, au Dahomey, depuis que le lamentable Behanzin n'y trône plus. Voyez plutôt ce qu'est, aujourd'hui, une noce à Ouidah: la robe immaculée et le voile de blanche mousseline pour l'épousée; la redingote de nos mariés ultra corrects, le gibus et les gants blancs pour le jeune époux; aucune de nos élégances n'est inconnue à ce couple noir, défilant en tête de son cortège nuptial sous les

Tamagno. bananiers. On est presque tenté de trouver indécents, auprès d'eux, ces négrillons qui arborent audacieusement le pagne, en attendant,--qui sait?--l'âge du smoking. Et, si le cinématographe ne fonctionne pas encore, à la sortie de l'église, comme aux grands mariages à Saint-Philippe du Roule et à la Madeleine, du moins en est-on déjà à la photographie, et c'est d'après un amusant cliché, récemment pris par le R. P. Chautard, que notre dessinateur a pu reconstituer fidèlement cette noce au Dahomey.

LE TÉNOR TAMAGNO

Le célèbre ténor Tamagno vient de mourir, à cinquante-cinq ans, dans la villa qu'il possédait près de Varèse.

Sa carrière a été des plus brillantes et surtout des plus fructueuses. Doué d'une voix admirable, en un temps où le ténor se fait rare, il se fit donner, dès qu'il fut en possession de la renommée, des appointements formidables. En ces dernières années, chacune de ses soirées lui rapportait de 5.000 à 6.000 francs.

[(Agrandissement)]

Note du transcripteur: ce supplément ne nous a pas été fourni.