LA STATUE DU CHEVALIER DE LA BARRE
A l'occasion d'un congrès de «libres penseurs» réuni à Paris, on a tenu à inaugurer--l'oeuvre définitive n'étant pas prête--la maquette d'une statue de l'infortuné chevalier de La Barre, condamné pour impiété par le tribunal d'Abbeville et supplicié dans cette ville le 1er juillet 1766.
Cette statue s'élèvera en face de la basilique du Sacré-Coeur, à Montmartre. C'est là qu'a eu lieu, dimanche dernier, la manifestation dont nous reproduisons un épisode. Notre instantané fut pris au moment où, devant le monument du sculpteur Bloch, représentant La Barre les jambes brisées par le supplice des coins, la figure contractée de douleur et se soutenant à peine, M. Le Grandais, conseiller municipal, prononçait le discours le plus véhément de cette journée, où l'on en a cependant entendu de violents.
LA FLOTTE ANGLAISE DANS LA BALTIQUE
L'escadre anglaise de la Manche à Swinemunde: au fond, l'escadre allemande.
Il n'était pas allé de flotte anglaise dans la Baltique depuis 1854. Celle qui y parut alors--c'était pendant la guerre de Crimée--ne faisait point une visite de courtoisie et saluait la terre avec de bons boulets.
Cette fois, l'empereur Guillaume II ayant manifesté l'intention vague de proclamer, d'accord avec les autres puissances intéressées, la Baltique «mer fermée», la réponse ne s'est point fait attendre: l'escadre anglaise de la Manche, accompagnée d'une escadre de croiseurs sous les ordres de l'amiral Wilson, soit neuf cuirassés et huit croiseurs, quittait les eaux dans lesquelles elle croise habituellement et se rendait directement à Swinemunde (Allemagne), d'où elle devait gagner Danzig, puis Cronstadt, Esbjerg (Danemark) et Ymuiden (Hollande).
Marins anglais achetant des cartes postales à Swinemunde.