Les illusions, filles de la jeunesse, sont des enfants condamnés, généralement, à ne pas survivre à leur mère. G.-M. Valtour.

AUX GRANDES MANOEUVRES DE L'EST.
--M. Berteaux, ministre de la Guerre, et son état-major.

--Phot. Chusseau-Flaviens.

La foule acclame le président de la République et le général Brugère, passant les troupes en revue dans une automobile conduite par le capitaine Lévêque.--Phot. Léon Bouet. A Brienne: M. Casimir-Perier, ancien président de la République, M. le président Loubet et M. Berteaux.

LES DÉSORDRES AU CAUCASE

Incendie des usines et des réservoirs de naphte, près de Bakou.

Les troubles qui viennent d'éclater à Bakou semblent dépasser en importance et en horreur tous ceux qui, en ces derniers temps, se sont produits sur divers points de la Russie. C'est un nouvel épisode de la lutte constante que le fanatisme religieux et les haines de races entretiennent parmi les populations du Caucase. Le mouvement est d'autant plus violent qu'il a surgi entre les deux peuples les plus foncièrement hostiles: d'un côté, les Tatars, appelés plus couramment Tartares, sans cesse tourmentés de la passion panislamique, population de culture nulle, d'instincts plutôt sauvages, vivant pauvrement des produits du sol ou du travail dans les mines, comme le groupe d'ouvriers que montre plus loin une de nos gravures; d'autre part, les Arméniens, riches, habiles, détenant l'industrie et le commerce, également acharnés à la défense de leurs intérêts et de leur religion. Les uns et les autres étant armés, le moindre conflit dégénère en massacres.

La situation particulière de Bakou devait, en outre, favoriser dans une rare mesure les actes de vandalisme. Cette cité de 120.000 âmes, bâtie sur la rive occidentale de la mer Caspienne, est le centre de l'industrie pétrolière du Caucase. Autour de la ville, à Bibi-Eybat, à Surakhany, et surtout à Balakhany dont nous donnons une vue générale, s'élèvent, innombrables, les pyramides de bois ou derricks, à l'intérieur desquelles jaillissent les colonnes de naphte qui se rendent, par des ruisseaux à l'air libre, dans des lacs noirâtres formant de gigantesques réservoirs d'incendie. Il a suffi d'une torche pour changer toute cette région en fournaise et provoquer en quelques heures une centaine de millions de ruines.