M. JUTTET

M. Juttet, chef du cabinet du ministre du Commerce, a été, la semaine dernière, victime d'un terrible accident. A la suite d'une collision survenue, à l'intersection de l'avenue des Champs-Elysées et de l'avenue Marigny, entre une automobile et un fiacre où il se trouvait, grièvement blessé à la tête, il a succombé peu de temps après son transport à l'hôpital Beaujon. Il était âgé de trente-huit ans. Ancien directeur du cabinet de M. de Lanessan, ministre de la Marine, M. Louis Juttet avait quitté la rue Royale avec l'honorariat; antérieurement à ses nouvelles fonctions, il était rentré dans la presse et y traitait surtout les questions maritimes, coloniales et militaires.

LE TAMPONNEMENT
DE CLERMONT-FERRAND

Tamponnement d'un train entré à 100 kilomètres à l'heure
en gare de Clermont-Ferrand.
--Phot. Bliès.

Le 15 septembre, vers 2 heures du matin, un train de marchandises de la Compagnie d'Orléans, venant d'Ussel, arrivait avec une rapidité vertigineuse et une avance de près de vingt minutes en gare de Clermont-Ferrand, où il tamponnait une rame de voitures de voyageurs et de wagons à bestiaux en station, alors vides, heureusement.

Le mécanicien Vincent, le chauffeur Dunet et l'homme d'équipe Barlet, de service sur la voie, furent tués, le chef de train Dumousset blessé. Quant aux dégâts matériels, la photographie prise par notre correspondant avant les travaux de déblaiement permet d'en apprécier l'importance, en même temps qu'elle montre les effets immédiats du choc, d'une extrême violence. Dressée sur ses roues d'arrière, écrasant de son poids une voiture de première classe, l'énorme locomotive avait ses principaux organes et son tender sérieusement endommagés; le fourgon de tête et la moitié des douze wagons du train tamponneur, chargés de charbon et de sacs de blé, étaient complètement détruits, quatre wagons de la rame tamponnée réduits en miettes. L'enquête technique prescrite par la Compagnie P.-L.-M.--la gare de Clermont-Ferrand appartenant à son réseau--n'a pu préciser les causes, restées hypothétiques, de ce grave accident. Il paraît seulement certain que, insuffisance des freins ou toute autre raison, le mécanicien, à partir de Volvic, n'était plus maître de sa vitesse qui, s'étant accélérée sur de fortes rampes, dépassait 100 kilomètres à l'heure au moment de l'irruption du train «emballé» en gare de Clermont.

M. Salomon de Gunsburg.
Phot. Pirou, rue Royale.

M. DE GUNSBURG