Sur l'appontement, de Dakar.--Le transport de M. de
Brazza à la voiture d'ambulance qui va le conduire à l'hôpital.
Campement de la population de Pizzo, sur le rivage.--Phot. A. Croce.
APRÈS LE TREMBLEMENT DE TERRE
Campement dans un train.
-- Phot. comm. par M. de Mouy.
Il faudra de longs mois, sans doute, avant que la vie ait repris son cours normal aux champs désolés de la Calabre. Le sol y tremble encore, on y vit toujours dans l'inquiétude, dans les transes, et chaque soleil qui se lève éclaire là-bas des scènes navrantes, des drames quotidiens de misère et de douleur. A-t-on, même, pu évaluer jusqu'à présent, d'une façon précise, les désastres causés par la catastrophe?
Aux pays ravagés par le tremblement de terre, la plupart des maisons, comme on sait, ont été détruites. C'étaient, le plus souvent, en certains endroits dans la campagne, de misérables huttes aux murs de terre, de pisé, aux toits fragiles. Les bâtiments solidement construits, les gares de chemin de fer, par exemple, édifiées en bonnes briques, ont presque partout résisté. Les cabanes des paysans se sont écroulées, dès les premières secousses sismiques, plus facilement que des châteaux de cartes, ensevelissant trop souvent sous leurs décombres ceux qu'elles abritaient.
Mais, même parmi les demeures qui ont échappé à la destruction immédiate, combien sans doute ont dû et doivent encore être abattues, parce qu'elles n'assuraient plus à leurs hôtes un logement assez sûr, et que leurs murailles, ébranlées par les premiers assauts, menaçaient ruine. L'épisode que reproduisent d'une façon si saisissante trois de nos photographies, où l'on voit s'écrouler en trois temps, comme dans un cinématographe, un pan de mur d'une maison de Parghelia, est une scène de tous les jours, à laquelle doivent commencer à s'accoutumer les malheureux sinistrés. Que de pauvres gens qui, au premier examen, s'imaginaient pouvoir réoccuper le soir la maison qu'il leur avait fallu fuir, affolés, dans la nuit du désastre, ont dû renoncer à cet espoir chimérique et se sont trouvés, le lendemain, sans abri, comme les voisins!