La malle aux documents secrets de
la mission de Brazza.

Extérieurement, ce meuble ne semblait qu'une malle ordinaire, solidement construite pourtant, en bois bien sec recouvert de cuivre peint en vert foncé et consolidé par de solides bandes de renforcement en même métal, avec d'inusables poignées de corde permettant de la suspendre à quelque perche, à un bambou, pour le portage à l'épaule. Mais cette malle, placée sur une table supportée par quatre pieds en fer qui se repliaient à volonté, constituait, une fois en place, un véritable secrétaire, avec des casiers pour les dossiers, des tiroirs, un compartiment pour la papeterie, tandis que l'avant, s'abattant, formait pupitre pour écrire. Enfin, un mécanisme compliqué, dissimulé à la partie inférieure de la caisse, n'en permettait l'ouverture qu'aux seules personnes qui en savaient le secret: M. de Brazza et l'un de ses secrétaires. Et c'est dans cette malle qu'ont été rapportés tous ces dossiers qu'on a entre-bâillés trop tôt et que va examiner en détail, maintenant, la commission d'enquête nommée par le ministre des Colonies pour faire la lumière sur tous ces incidents du Congo dont on a tant parlé depuis quelques jours.

Le chien tuberculeux.

Il y a seulement quelque quinze ans, vétérinaires et médecins pensaient que la tuberculose était très rare chez le chien. On savait bien qu'il est facile de déterminer chez lui la tuberculose expérimentale, mais on considérait la maladie spontanée comme tout à fait exceptionnelle.

Or, il résulte des documents réunis par les vétérinaires de l'école d'Alfort que la tuberculose canine est au contraire très fréquente et qu'elle va progressant. En cinq ans, la proportion des chiens tuberculeux autopsiés à Alfort se serait élevée de 4,5 à 9%.

Le plus fréquemment, ces chiens tuberculeux viennent de chez les marchands de vin, cafetiers ou traiteurs de Paris ou de la banlieue, ayant vécu, ainsi que l'a remarqué M. Cadiot au récent Congrès de la tuberculose, «dans des milieux où les crachats infectants sont communs, et où le fréquent balayage des salles répand dans l'air les poussières virulentes». D'ailleurs, ainsi que le fait observer M. Landouzy, ce n'est pas seulement par les voies respiratoires que les chiens prennent les germes de la tuberculose, c'est encore par les voies digestives, alors qu'avides et voraces ils lèchent et avalent les matières virulentes jetées à la voirie ou versées sur les tas d'ordures.

Et voici comment, bavant sur les tapis, couché sur le lit des bébés, jouant avec les enfants qui se laissent lécher et embrasser, le chien peut entrer dans l'infection de certains foyers qu'on affirmerait, par ailleurs, se trouver à l'abri de toute contamination.

Le chien tue certainement, par la tuberculose, mille fois plus que par la rage.

Tuyaux à gaz en papier.

Dans notre dernier numéro, nous faisions connaître une nouvelle application du papier, dont on faisait maintenant des bouteilles pour le lait.