L'Angleterre, à elle seule, nous a acheté pour près de 40 millions d'automobiles.
Ainsi, en cinq ans, l'industrie automobile française a augmenté de 62 millions ses exportations.
L'exportation des vélocipèdes, motocycles et pièces détachées, est maintenant de plus de 6 millions et demi.
En Angleterre.--Le lord-chief-justice et le lord-chancellor se rendant à la Chambre des lords après la cérémonie religieuse annuelle de l'abbaye de Westminster.
La rentrée des tribunaux anglais.
La rentrée des cours et tribunaux s'est effectuée en Angleterre, le 24 octobre, avec le cérémonial accoutumé. Ce cérémonial comporte d'abord un service religieux: à Londres, où la présence des plus éminents représentants du corps judiciaire en rehausse l'apparat--de même qu'à Paris, naguère, antérieurement à 1901, date de l'abolition de cet antique usage, le personnel du Palais, avant la reprise de ses travaux, allait entendre la messe du Saint-Esprit ou «messe rouge», célébrée à la Sainte-Chapelle--les magistrats anglais vont assister aux prières propitiatoires dites à l'abbaye de Westminster. Ensuite, ils se rendent processionnellement à l'audience solennelle d'ouverture tenue à la Chambre des lords, laquelle, on le sait, outre son pouvoir législatif, possède de hautes attributions judiciaires.
La singularité pittoresque de ce défilé mérite d'être remarquée. On y voit, en effet, en pleine civilisation moderne, se dérouler sur la place publique, comme jadis, un cortège d'hommes vêtus de longues robes plus ou moins fourrées, coiffés de vastes perruques blanches semblables à des passe-montagnes, en tête duquel marchent gravement, à pas comptés, les deux dignitaires suprêmes de l'ordre, le «lord-chief-justice» et le «lord-chancellor», précédés d'huissiers et de massiers, suivis de porte-queue. Tandis que, chez nous, aujourd'hui, les gens de robe ne se résignent plus guère à s'exhiber dehors à pied, sous leur harnais professionnel, qu'aux grands enterrements officiels où les astreint le décret de messidor, chez nos voisins d'outre-Manche, ils ne craignent pas d'affronter la rue dans un appareil dont l'archaïsme plus complet jure davantage encore avec l'état actuel des moeurs. A Paris, un tel anachronisme ne manquerait pas de provoquer les sourires narquois, voire les quolibets irrévérencieux des badauds; à Londres, le prestige de la magistrature n'en est nullement compromis aux yeux des spectateurs qui, sans la moindre manifestation malséante, gardent une attitude flegmatiquement respectueuse.
Ainsi qu'on l'a déjà maintes fois observé, notamment à propos de la procession annuelle du «lord-maire», ce sont là des traits bien caractéristiques de l'esprit britannique: esprit, d'une part, très positif et très progressiste; d'autre part, obstinément conservateur de certaines traditions séculaires et de certaines coutumes surannées. Ces tendances contradictoires donnent lieu à de curieux contrastes; mais, après tout, peut-être l'apparente antinomie n'est-elle que la forme originale d'une puissante logique en vertu de quoi, pour ce peuple, pratique par excellence, le culte de la force du passé est une des plus solides garanties de la force du présent.