Petit Charles Pierlot, très beau blanc; Miss Irène Catlin, fleur en forme de camélia, carminé très clair; Madame Louis Lévêque, marbré rose carminé très pur de jaune; Louis Lévêque, même fleur moins pure de jaune. Fait curieux, cette dernière variété a été obtenue simultanément par deux horticulteurs; elle porte provisoirement deux noms: Louis Lévêque et Madame Goldschmit. Notons encore la perfection croissante du type ardoisé Madame Biffard.

Très joli le cyclamen Papilio, amélioré par hybridation avec le cyclamen à grande fleur de Perse. Ses pétales frangés, particulièrement étalés, se présentent avec toutes les nuances de l'espèce, notamment avec des teintes saumon jusqu'ici trop délaissées et des richesses de mauve qui donnent à certaines variétés l'aspect de petits catleyas.

Le Clianthis Dampieri, légumineuse de serre, ancienne mais peu connue, amuse par ses fleurs écarlates tachées d'une grande macule noire, donnant par leur forme et leur coloris la sensation d'un hanneton endormi sur une pince de homard.

Enfin, nous ne saurions trop vanter le bégonia Lotte, type ligneux issu de variétés anciennes et peu cultivées, mais amené à une puissance de végétation extraordinaire. Chaque pied atteignait une hauteur de 90 centimètres, toute la ramure disparaissant sous l'abondance de feuilles lancéolées sur lesquelles tombaient d'énormes grappes de fleurs rosées. Cette variété, qui supporterait, dit-on, la pleine terre pendant les étés de Touraine et du midi de la France, semble devoir se prêter à d'admirables effets décoratifs dans les parcs et les grands jardins.

Le chrysanthème «Tokio». Le bégonia «Lotte»
Deux fleurs remarquées à l'exposition de chrysanthèmes.

D'OÙ VIENT LA FOURRURE DE LA LOUTRE DE MER.

Parmi les fourrures diverses que l'on achète volontiers à la saison où nous sommes, demandant à la peau des bêtes une protection contre le froid que notre peau humaine ne peut nous fournir, celle de la loutre de mer occupe une place importante. C'est une belle fourrure, fort appréciée et admirée. Au dix-huitième siècle, elle venait du Kamtchatka, où la loutre de mer était abondante; mais, en peu d'années, tous les individus de la région avaient disparu, exterminés par l'homme. La fourrure se fit rare, par conséquent. Vers le milieu du dix-huitième siècle, elle redevint abondante. On avait trouvé la loutre de mer aux îles Aléoutiennes et dans leurs parages. Aussitôt des expéditions de s'organiser; mais l'effet de celles-ci ne se fit pas attendre: bientôt, vers 1774, on ne put se procurer que quelques centaines de peaux par an. Mais, peu après, l'Alaska révélait ses trésors de pelleterie et, à la fin du dix-huitième siècle, on pouvait se procurer jusqu'à 120.000 peaux de loutre de mer par an. Mais tout a une fin, même une espèce animale que l'on massacre avec férocité et, en 1804, on était content quand on avait obtenu 15.000 peaux. Quelques années plus tard, quand la Russie céda l'Alaska aux États-Unis, cette région n'en fournissait que 700 par an. Les Américains essayèrent un peu d'arrêter l'extermination et, de 1867 à 1880, l'Alaska exporta près de 53.000 peaux de loutre; mais, en 1901, la production tombait à 406. Il n'y a pas à s'en étonner. La chasse à la loutre de mer est ouverte toute l'année, sauf un seul jour. Il est évident que l'espèce va disparaître prochainement. Le meilleur terrain de chasse au Kamtchatka ne fournit que 12 ou 14 peaux par an, et l'on se demande comment la peau de loutre de mer peut être encore relativement abondante dans le commerce des fourrures. Sur quelles bêtes ont pris naissance tant de pelleteries inexactement baptisées «loutre de mer»?

LE MOUVEMENT SYNDICAL

Au 1er janvier 1905, il existait en France, en Algérie, à la Guadeloupe et à la Martinique, 10.987 syndicats professionnels, comptant 1.719.196 membres, dont 1 million 627.374 hommes et 92.722 femmes. Notons que la population active masculine ne compte guère que 10 à 11 millions d'individus.