Dans un livre de souvenirs, les Derniers Jours de la bohème (Calmann-Lévy, 3 fr. 50). M. Philibert Audebrand nous convie à une promenade d'art dans les endroits oubliés où les amis de Murger fumaient des pipes en attendant la gloire. C'est une flânerie dans ce passé, tumultueux et séduisant, qui fut comme l'adolescence littéraire du dernier siècle. L'itinéraire est curieux. Le cicerone a de l'esprit; il sait et nous dit sur tous des anecdotes précieuses, attendries ou picaresques, toujours aimables. Son livre est charmant.
Les animaux pensent. Ils observent, ils jugent, ils parlent quelquefois. Dans le monde des animaux (Paulin, 5 fr.). M. Labadie-Lagrave nous conte, avec humour, diverses scènes de la vie intellectuelle et morale des bêtes. Les aventures que nous révèle l'auteur sont, paraît-il, authentiques. Et ce fait n'est pas pour diminuer l'intérêt du roman «d'un cerf qui n'avait qu'une corne», du «duel entre deux lièvres», des «espiègleries d'un hérisson» et des «colères d'un crocodile ennuyé par des singes».
On ne doit plus ignorer l'origine, la valeur, les applications principales de certaines découvertes récentes (radium, télégraphie sans fil, etc.). qui ont fait un si grand bruit dans le monde. Les Actualités scientifiques (Schleicher. 3 fr. 50) sont une réunion de chroniques vulgarisatrices, publiées en 1905 par M. Max de Nansouty et dont la lecture facile permettra aux profanes--le grand nombre--de parler, sans dire de sottises, de choses qu'ils ne connaissent pas.
Théâtre.
La fine comédie d'Alfred Capus, Monsieur Piégois, que représenta le théâtre de la Renaissance et que publia L'Illustration, vient de paraître en librairie (Fasquelle, 3 fr 50) sous une élégante forme.
DOCUMENTS et INFORMATIONS
Le nouveau lord-maire de Londres.
Sir Walter Vaughan Morgan, le nouveau lord-maire élu récemment par la corporation de la Cité de Londres, est un notable négociant, âgé de soixante-quatorze ans. Né en 1831, au pays de Galles, il fut, en 1855, un des fondateurs de la grande maison de banque et de commerce à laquelle ses frères et lui ont attaché leur nom; il appartient au parti libéral unioniste, possède un grade élevé dans la franc-maçonnerie et dirige une importante société de publications éditant plusieurs journaux spéciaux, entre autres le Chimiste et Droguiste, le Quincaillier. Étant célibataire, sir Walter Vaughan Morgan a confié à sa nièce, miss Hornby Steer, le soin de faire les honneurs de Mansion house comme lady-mayoress.
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Sir Walter Vaughan Morgan, le nouveau lord-maire de Londres. |
«La République française», figurant dans le cortège du lord-maire. |
Il a été procédé à l'élection le 29 septembre, jour de la Saint-Michel; mais c'est seulement à la date initiale de l'année civique, le 9 novembre, que, suivant la coutume, a eu lieu l'installation solennelle du nouveau magistrat, qui a parcouru la Cité, revêtu de son costume d'apparat et accompagné d'un nombreux cortège. On a maintes fois décrit (voir notamment L'Illustration, n° du 19 novembre 1904) cette procession traditionnelle, sa pompe un peu carnavalesque, mais fort goûtée du public londonien. Outre les carrosses de gala, les musiques, le défilé des corporations, la cavalcade plus ou moins historique, elle comporte, on le sait, une série de chars allégoriques. L'an dernier, on y remarquait une imposante Britannia, trônant sur le char de l'Empire, armée d'un trident; cette année, le «numéro» sensationnel était une monumentale effigie de la République française, coiffée du bonnet phrygien et tenant le drapeau tricolore. Certes, l'aspect de cette puissante personne éveillait de prime abord la souvenir du vers fameux d'Auguste Barbier: