APRÈS L'ÉMEUTE DE CRONSTADT.
--Au milieu des ruines des maisons incendiées: une arrestation.
--Photographie de notre correspondant, C.-O. Bulla.

LES TROUBLES EN RUSSIE: DE LA MER NOIRE A LA MER BALTIQUE

LES LIVRES ET LES ÉCRIVAINS

Deux livres sur Lamartine et Elvire(1).

Note 1: Lettres inédites d'Elvire à Lamartine, par René Domine (Hachette, 3 fr. 50).--Lamartine, de 1816 à 1830; Elvire et les Méditations, par Léon Séché. (Mercure de France, 7 fr. 50).

Nous savions depuis longtemps que toutes les lettres d'Elvire à Lamartine n'avaient pas disparu et que la famille du poète en conservait quelques-unes. Mme Valentine de Lamartine, sur laquelle Mme Émile Ollivier a écrit un livre exquis, s'en était ouvert à quelques amis. A ces reliques était joint, placé sous verre, le fameux mouchoir baigné des larmes de Graziella. Qu'est-il devenu? Les épîtres, du moins, ne sont pas égarées. M. de Montherot, petit-neveu de Lamartine, les a tirées de ses papiers de famille et Communiquées à M. Doumic qui s'est empressé de les publier dans la Revue des Deux-Mondes. Il a réuni en plaquette ses pages de la Revue, en y ajoutant plusieurs lettres du docteur Alin et d'Aymon de Virieu sur la fin d'Elvire.

Le plus documenté des historiens et des critiques, M. Léon Séché, donnait presque en même temps au Mercure de France des études sur Lamartine et sur son grand amour. Ces jours-ci paraissent en volume, et fort augmentés, les articles de M. Séché, qui s'est livré à des recherches infinies et minutieuses sur les origines, sur l'existence et sur la famille d'Elvire.

Née à Paris en 1784, d'une mère créole, Elvire, c'est-à-dire Françoise-Julie Bouchard des Hérettes, appartenait par son père à la région nantaise; sa famille maternelle habitait la Touraine. Quelles furent son enfance et sa première jeunesse? Elle passa quelques années à Saint-Domingue, fut élevée en France dans un pensionnat dont nous ne savons pas le nom, et habitait à Saint-Paterne, près de Tours, chez son oncle, M. de Bergey, une fort belle propriété, la Grange-Saint-Martin, quand le physicien Charles la demanda en mariage. D'une grande réputation scientifique, de manières charmantes, d'une tournure encore agréable, Charles n'était pas précisément le vieillard accablé par l'âge que représente la légende. Il avait cinquante-huit ans et Julie vingt quand ils s'unirent à la mairie et à l'église de Saint-Paterne, le 25 juillet 1804.