Tout va bien, messieurs, tout va bien!
Et zim la boum!... Vive la République!
L'auteur de ce couplet--que beaucoup d'autres couplets accompagnent--est M. Jacques Ferny, qui naquit à Yerville (Seine-Inférieure), et qui dit chaque soir lui-même ses Chansons immobiles dans les cabarets de Montmartre.
On voit combien est éclectique l'anthologie chansonnière de la «Société normande». Entre le douzième et le vingtième siècle, entre Richard de Sémilly et Jacques Ferny, nous rencontrons successivement: Marie de France, qui écrivit des lais pour le roi Henri d'Angleterre, en pure langue normande; Alain Chartier, né à Bayeux; Olivier Basselin et ses compagnons du Vau de Vire:
L'amour de moy sy est enclose
Dedans ung iolly jardinet,
Où croist la rose et le muguet,
Et aussi faict le passerose.
Et puis c'est Jean Marot, père de Clément; Gringoire; Jean Le Houx, qui chanta le cidre... et aussi le vin; Vauquelin de La Fresnaye et son fils Vauquelin des Yvetaux; François de Malherbe, dont tant de stances furent mises en musique de son temps et depuis; Gaultier Garguille; le grand Corneille lui-même; Madeleine et Georges de Scudéry... Et, plus près de nous: Malfilâtre, Casimir Delavigne, Louis Bouilhet, Barbey d'Aurevilly, Guy de Maupassant... Enfin, nos contemporains: Charles Frémine, Eugène Le Mouel, Paul Harel le bon poète-aubergiste, Henri de Régnier, enfin Louis Beuve, qui écrit en patois ses chansons.
Cette sélection est le résultat de longues et érudites recherches. Les lecteurs du Chansonnier normand trouveront dans la remarquable préface de M. Joseph L'Hôpital l'exposition claire et brillante des faits généraux qui rattachent les uns aux autres les auteurs cités.