RAPATRIEMENT DES PRISONNIERS RUSSES

Le rapatriement des prisonniers russes internés au Japon se poursuit, non sans incidents. On n'a pas oublié sans doute les mutineries qui se sont produites à bord de quelques-uns des navires qui ramenaient à Vladivostok des marins et des soldats du tsar. Ces révoltes, qui semblaient comme une répercussion des troubles qui désolent l'empire, ont été parfois graves à ce point qu'on a vu les chefs russes obligés, pour rétablir l'ordre parmi les hommes qu'ils convoyaient, de faire appel aux baïonnettes et aux revolvers des Japonais. La photographie qu'on voit ici a été prise à bord d'un transport chargé de prisonniers, au départ de Yokohama. Les uniformes sombres des hommes de l'armée de terre s'y mêlent aux chemises blanches des matelots.

Un Chinois saint-cyrien:
M. Dan Pao-Tchao.

UN SAINT-CYRIEN CHINOIS

Notre Ecole spéciale militaire, on le sait, admet exceptionnellement certains étrangers. Assez souvent, on a eu l'occasion de remarquer, sous le coquet uniforme du saint-cyrien, des élèves d'origine visiblement exotique, entre autres des Japonais; mais, jusqu'à présent, le Céleste-Empire n'avait compté aucun de ses sujets dans les rangs du bataillon d'élite. Le principal titre de Dan Pao-Tchao à la notoriété, c'est qu'il est le premier Chinois entré à Saint-Cyr. Fils d'un très haut mandarin, il faisait partie d'un groupe de jeunes gens envoyés, il y a trois ans, en Europe par les vice-rois, afin d'y parfaire leur instruction en s'initiant aux institutions de l'Occident. A cette époque, pas un d'eux ne parlait notre langue; sous le patronage de Soueng-Pao-Ki, ministre de Chine à Paris, ils ont poursuivi leurs études avec succès.

Dan Pao-Tchao se propose, au sortir de l'École, de retourner dans son pays pour quelque temps et de revenir ensuite faire un stage dans l'armée française.

LA QUESTION MAROCAINE: M. ROUVIER A LA TRIBUNE

Samedi dernier, 16 décembre, le Parlement français terminait sa session extraordinaire de 1905. A la Chambre des députés, la séance finale a été marquée par une déclaration du président du Conseil, ministre des Affaires étrangères, au sujet de la question marocaine. Vu l'importance de cette déclaration, sorte de réplique aux deux récents discours du chancelier de Bulow, M. Rouvier l'avait écrite, et c'est au milieu d'un silence attentif que, du haut de la tribune, il en donna lecture devant une salle comble, en présence de la plupart des membres du corps diplomatique. Lorsqu'il eut résumé l'historique des négociations engagées entre les cabinets de Paris et de Berlin pour le règlement du différend franco-allemand et précisé le programme que la France se propose d'apporter à la conférence internationale, l'assemblée oubliant, en ces graves conjonctures, les querelles de parti, fut presque unanime à manifester son approbation; puis, par près de 500 voix, elle prononça la clôture, c'est-à-dire l'ajournement de tout débat sur notre politique extérieure.