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D'Assouan, nous entreprenons notre troisième étape, de la première à la deuxième cataracte, c'est-à-dire jusqu'à Wadi-Halfa. Le Nil, aussi large que la Loire à Orléans, coule superbe et majestueux à travers le pays des Barbarins et la Nubie. Nous entrons en pays noir. Trois lignes de bateaux à vapeur, chacune offrant tous les conforts modernes, font le service d'Assouan à Wadi-Halfa. Les bateaux du gouvernement du Soudan accomplissent le trajet en moins de deux jours, avec arrêt de quelques heures aux fameux temples d'Abou Simbel, que l'impératrice Eugénie vint visiter en 1869 et, de nouveau, l'hiver dernier. Le prix du billet aller et retour revient, avec la nourriture, à 350 francs. Les bateaux de la Compagnie Anglo-Américaine et de la Compagnie Cook font de plus nombreuses escales et mettent trois jours et demi pour se rendre à Wadi-Halfa. Le prix des billets est plus élevé par ces lignes: 575 francs, aller et retour.
Le steamer de luxe Abbas-Pacha: une halte au bord du fleuve.
L'AFRIQUE CENTRALE ACCESSIBLE AUX TOURISTES.--Les passagers de l'«Abbas-Pacha» visitant un village de Shilouks sur la rivière Sobat, qui se jette dans le Nil Blanc près de Fachoda. D'après les photographies de M. de Guerville.--Voir son article à la page 442.]
Wadi-Halfa est la tête de ligne du fameux chemin de fer soudanais qui, traversant les grands déserts de sable, nous conduit en vingt-sept heures jusqu'à Khartoum.
Construite par lord Kitchener lors de la campagne contre les derviches en 1898, cette ligne militaire a rendu d'incalculables services.
En dehors des express et des trains ordinaires, il y a, trois fois par semaine, un «train de luxe limité», composé de wagons-lits et d'un wagon-restaurant.