Cette convention, dont nous n'avons pas le loisir d'examiner les détails, peut se résumer ainsi:
1° Acquisition par la Ville, en un seul et unique lot, de la totalité de l'enceinte fortifiée, moyennant un prix de 100 millions payables par annuités, par paiements échelonnés;
2° Maintien sur la zone militaire de la servitude non oedificandi, pour cause d'hygiène et de salubrité publiques;
3° Expropriation des terrains de cette zone, devenue zone sanitaire en vue de la création d'espaces libres, parcs et terrains de jeux;
4° Annexion à Paris des terrains expropriés.
Il y a plus de trente ans que s'est posée pour la première fois la question de la suppression de l'enceinte fortifiée de Paris; la divergence des intérêts ou même des simples opinions en présence rendait la solution fort difficile. Grâce à l'énergie persévérante de M. Dausset et de son collègue, M. Chérioux; grâce à l'esprit libéral de MM. Klotz et Millerand, la solution intervenue apparaît comme la plus logique et la plus satisfaisante à tous égards. La désaffectation de l'enceinte fortifiée n'est plus considérée, ni par la Ville, ni par l'État, comme un prétexte à spéculations immobilières, on l'envisage avant tout comme un moyen de doter Paris et sa banlieue des champs d'air et de lumière devenus indispensables à leur hygiène et à leur santé.
Nos plans de la page 20, empruntés à un travail de M. Dausset, donnent une idée exacte de la transformation que va subir la ceinture de Paris.
Actuellement, l'espace libre des fortifications et de la zone qui entoure la capitale présente environ 380 mètres de profondeur: 130 mètres de fortifications et 250 mètres de zone frappée d'une servitude non oedificandi, c'est-à-dire où les propriétaires du sol ne sont autorisés à élever que des constructions précaires, pouvant être démolies à première réquisition.
Le terrain occupé par les fortifications, après avoir été mis au niveau des boulevards actuels, sera loti pour l'édification d'immeubles de rapport groupés entre deux larges boulevards circulaires, le boulevard extérieur étant flanqué d'un chemin de ronde et d'une grille pour garantir le fonctionnement de l'octroi.
Les terrains de la zone, formant un total de plus de 500 hectares, seront aménagés en espaces libres, tels que parcs publics, pelouses ou terrains de jeux; M. Dausset prévoit onze grands parcs entourés de grilles. «Aucune portion ne pourra être distraite en vue d'y élever des constructions, si ce n'est pour l'établissement des édifices nécessaires à la surveillance et à l'utilisation de ces espaces libres, lesquelles constructions ne pourront, dans leur ensemble, occuper une superficie de plus d'un vingtième desdits espaces et devront être réparties également sur l'ensemble de la zone à aménager.»