Section d'aéroplanes de guerre. Général Brulard. Général Franchet d'Esperey. Compagnies de débarquement des croiseurs Du Chayla et Friant.
UN NOUVEAU FAIT D'ARMES AU MAROC: LA DÉLIVRANCE DE DAR EL KADI.
--Le retour à Mogador des colonnes Brulard et Massoutier.
Photographie Georges Guérard.--Voir l'article à la page 52.
Sir Edward Grey Comte Benkendorff
(Angleterre). (Russie).
M. Paul Cambon (France). Prince Lichnowsky (Allemagne). Comte Mensdorf (Autriche-Hongrie). Marquis Impérial (Italie).
Le Conseil des Ambassadeurs à Londres: la discussion de la note collective à la Turquie.
--Dessin de S. Begg.]
LES PUISSANCES ET LA TURQUIE
La suspension des négociations entre les délégués balkaniques et la Turquie, à Londres, a, comme il était prévu, décidé les puissances à tenir plus activement leur rôle de bons courtiers de la paix. Les ambassadeurs, en conséquence, ont, avec l'approbation de leurs gouvernements respectifs, rédigé, pour être remise à Constantinople, une note collective, dont les termes, très modérés et très courtois, n'en sont pas moins suffisamment nets. Dans cette note, les puissances, désireuses d'éviter le retour des hostilités, attirent l'attention du gouvernement ottoman sur la responsabilité qu'il encourrait en prolongeant une lutte d'où pourraient résulter aussi des risques graves pour le reste de l'empire. Qui peut garantir, en effet, si la guerre recommence, que l'Arménie, le Liban, la Syrie, l'Arabie, resteront tranquilles? Il est d'un intérêt évident pour la Turquie que la question d'Asie, en ce moment, ne soit point posée. Aussi les puissances conseillent-elles à la Turquie de ne point s'obstiner dans son intransigeance et de céder sur Andrinople qui va succomber et sur les îles qui sont perdues.
On conçoit d'autre part la répugnance de la Turquie à se mutiler d'une ville non conquise, d'une ville musulmane qui est la seconde capitale de l'empire ottoman, et l'on peut s'attendre encore à de suprêmes résistances. Les alliés, de leur côté, ont déclaré que, si la démarche des puissances demeurait sans résultats, ils n'hésiteraient plus à rompre définitivement les négociations et à reprendre les hostilités dans les délais prévus par le protocole d'armistice.
Et il semble à peu près certain, maintenant, que ce nouvel effort militaire de la Bulgarie, s'il était nécessaire, ne serait plus paralysé par l'attitude de la Roumanie dont les préparatifs militaires, soutenant une demande de compensation territoriale, ont provoqué d'assez vives inquiétudes ces derniers jours. D'après les dernières informations, on serait, en effet, assez près d'arriver à une entente entre Sofia et Bucarest. Et c'est, en somme, l'Autriche qui continue de préoccuper le plus gravement l'Europe par le mystère de sa mobilisation ininterrompue.