Par suite de la mauvaise qualité des eaux, la fièvre typhoïde règne à l'état endémique dans la capitale de Vaucluse. De 1892 à 1912, il y eut dans la garnison 1.263 cas suivis de 118 décès. Chaque année, on compte de 10 à 30 décès dans la population civile.

Une épidémie terrible s'est déclarée au mois de juin dernier. Sur une population de 49.000 âmes, on compta, en quelques semaines, 2.000 cas et 64 décès.

La garnison s'élevait à 2.053 hommes, dont 525 avaient été immunisés avant l'épidémie; on en vaccina 841 autres. Il restait donc 687 témoins qui avaient négligé de se faire inoculer. Or, sur ces derniers, il y eut 153 cas de fièvre typhoïde, dont 22 suivis de mort. Le groupe des 1.366 hommes vaccinés fut complètement indemne.

D'autre part, M. Roux, directeur de l'Institut Pasteur, a signalé à l'Académie des sciences les résultats obtenus avec le vaccin du docteur Chantemesse.

Ce vaccin, formé de bacilles typhiques stérilisés par chauffage, est assez ancien. Le docteur Chantemesse le fit connaître en 1887, mais il ne l'appliqua lui-même à l'homme, à Paris, qu'en 1899. Dès 1896, pourtant, des expériences avaient été faites à l'étranger.

En 1912, après avis favorable de l'Académie de médecine, on pratiqua l'inoculation dans les troupes des confins algéro-marocains. Au Maroc, aucun homme vacciné ne fut atteint de la fièvre typhoïde.

Presque en même temps, M. Delcassé autorisait la vaccination des équipages de la flotte et des ouvriers des ports français. Cela représente une population d'environ 67.000 hommes, parmi laquelle, du 5 avril à fin décembre 1912, on constata 542 cas de fièvre typhoïde, soit environ 1%.

Aucun cas ne se produisit parmi les 3.107 personnes qui avaient consenti à se faire immuniser avec le vaccin du docteur Chantemesse.

D'ailleurs, au récent congrès de Washington, le major Russel déclarait que, depuis l'emploi du vaccin préparé selon la méthode Chantemesse, la fièvre typhoïde a pratiquement disparu de l'armée navale des États-Unis.

L'importation de la viande en Angleterre.