Les derniers francs-tireurs de Fontenoy-sur-Moselle,
réunis pour célébrer l'anniversaire du combat du 22 janvier 1871.
--Phot. P. Valek.
ANNIVERSAIRE PATRIOTIQUE
Un glorieux anniversaire a été célébré, récemment, à Fontenoy-sur-Moselle, près de Toul. Le 22 janvier 1871, quelques jours avant l'armistice qui allait suspendre les hostilités, une poignée de francs-tireurs attaquaient les postes allemands établis dans la petite commune, et, après une lutte acharnée, s'en emparaient de vive force. Ce brillant fait d'armes devait attirer à la population de Fontenoy de cruelles représailles.
L'épisode a été commémoré, le dimanche 26 janvier, en une touchante cérémonie, que présidait M. Langenhagen, sénateur de Meurthe-et-Moselle. Au pied du monument consacré «aux vaillants combattants du 22 janvier 1871» et «aux habitants victimes innocentes de leur patriotisme», des discours furent prononcés, en présence des derniers survivants de l'héroïque escarmouche. Puis le petit groupe des anciens francs-tireurs de Fontenoy se rendit sur le lieu du combat; et c'est là, sur le seuil de la gare où, quarante-deux ans auparavant, ils avaient surpris l'ennemi, que ces vieux soldats, de belle allure encore et portant fièrement leurs décorations, se laissèrent photographier.
Le monument d'Ernest Reyer
au Lavandou. Phot. M. Bar.
UN MONUMENT A ERNEST REYER
Voici un peu plus de quatre ans qu'Ernest Reyer s'est éteint au Lavandou, cette petite station maritime du Var, abritée du mistral dans le golfe d'Hyères, où, sur ses vieux jours, le célèbre compositeur, ami d'une studieuse retraite, avait coutume de prendre ses quartiers d'hiver. L'idée devait tout naturellement venir à ses admirateurs, à ses amis, de lui élever un monument dans ce joli coin de Provence qu'il favorisait d'une prédilection particulière, et qui reste, désormais, attaché, si l'on peut dire, à sa gloire.
Le soin de faire revivre dans le bronze la belle figure d'Ernest Reyer, si fin d'esprit et de coeur sous ses dehors de militaire bourru, à la rude moustache, a été confié au sculpteur Denys Puech, de l'Institut: il a exprimé avec bonheur ce que cette mâle apparence cachait de naturelle bonté. Le buste est placé sur un piédestal carré en pierre grise, qui porte, au-dessus d'une lyre traversée d'une palme, une simple dédicace.
Situé dans un joli cadre de verdure, le monument, qu'on a bien voulu dévoiler un instant pour permettre la photographie que nous en donnons, est tout prêt à être inauguré: la cérémonie officielle a été fixée au 16 février.