Caby fait face aux accusés et, sans hésitation, le bras tendu vers Dieudonné, déclare:
--Le voici!
Et c'est un long frisson dans la salle.
--Vous savez, insiste le président, que votre déposition peut faire tomber la tête de cet homme.
--C'est lui, je le jure.
Alors, Dieudonné se lève. Il va sans doute crier son innocence. Non point, il cherche à l'expliquer. Il parle longuement, sans élan, sans désespoir, avec des phrases préparées. Ah! comme l'on voudrait être véritablement ému à ce moment et recevoir, tandis que cet homme se débat, le choc qui atteint le coeur. Mais non, ce n'est pas cela. Et, tandis que Dieudonné se rassoit, nous entendons ces mots de Caby qui sonnent terriblement plus vrais:
--Et moi je jure sur la tête de ma petite fille que cet homme est bien mon agresseur!
Ce fut la scène la plus impressionnante, jusqu'ici, de ces interminables débats, au cours desquels aussi, cependant, il y eut une minute d'infinie pitié lorsque la mère de Dieudonné, une pauvre vieille douloureuse, vint défendre son fils que. malheureusement, continuent à reconnaître des témoins précis et redoutables.
| Le garçon de recettes Caby désigne Dieudonné comme son assassin. |
Dieudonné, accusé d'être le principal auteur de l'attentat de la rue Ordener, et son avocat, Me de Moro-Giafferi. |