Une des escalades nécessaires pour accéder à
la salle des bisons, dans la grotte d'Audoubert.
Au bout d'un couloir accidenté, aux parois ornées de quelques gravures, on rencontre une salle basse dont le fond est obstrué par des piliers de stalactite. Après avoir brisé trois colonnes, de façon à pratiquer une ouverture mesurant 28 centimètres de hauteur sur 65 de largeur, M. Begouen et ses fils purent pénétrer en rampant dans un second couloir où l'argile du sol a conservé des empreintes de talons humains, de griffes et de poils d'ours, et qui mène à la salle des bisons.
«Les deux statues sont appuyées contre un bloc de rocher tombé de la voûte au milieu de la salle. L'animal qui se trouve en avant est une femelle, il mesure 61 centimètres de longueur et 29 centimètres du ventre au sommet de la bosse; le mâle donne 63 et 31 centimètres. Le côté droit seul est achevé; le côté appuyé au rocher n'a pas été travaillé. Quoique la salle soit assez humide pour que la terre ait conservé toute sa plasticité, l'argile en se desséchant un peu a provoqué de profondes fissures, traversant parfois tout le corps des animaux, mais sans causer de dégât, parce que les statues sont appuyées contre la roche. Comme pour le second bison le rocher n'était pas assez long, l'arrière-train a été calé par des pierres rapportées. La surface du corps est lisse, on y distingue fort bien les traces du lissage fait par la main de l'artiste... L'oeil est marqué chez la femelle par une sorte de bille de terre avec un renfoncement au milieu. Ce procédé simulant la prunelle et le regard donne de la vie et de la physionomie à cette tête, tandis que le mâle a l'air atone et sans vie avec son gros oeil tout rond. La barbe qui arrive jusque sous le ventre a été indiquée par des stries faites avec une spatule mince en bois ou en os, tandis que, pour représenter la crinière plus laineuse, l'artiste s'est contenté de son pouce dont l'empreinte est bien nette.»
Sur le sol, on aperçoit deux ébauches et une esquisse de bison très sommairement tracée sur l'argile, mais où le modelage de la tête est commencé.
«Cette esquisse, ajoute le comte Begouen, permettrait de supposer que les artistes de l'époque, après avoir dessiné sur le sol la silhouette de l'animal, enlevaient de la terre tout autour, puis soulevaient le gâteau ainsi préparé avant de le finir sur place (en utilisant, sans doute, des boudins d'argile comme ceux que l'on a retrouvés non loin des bisons). Le côté non terminé des statues, d'épaisseur variable, présente bien l'aspect d'une plaque d'argile arrachée du sol. De plus, nous avons remarqué plusieurs cuvettes arrondies, dont les bords portent encore des empreintes de doigts et qui pourraient bien avoir été formées de la sorte.»
Ces statues, qui constituent un document unique, n'ont pas été déplacées, et le comte Begouen hésite à risquer un transport qui présente de grandes difficultés.
F. Honoré.
Le cuirassé autrichien type Viribus unitis. 22.000 tonnes; 21 noeuds; armé de 12 canons de 30cm en 4 tourelles triples. (Prêt à entrer en ligne.) Similaires: Amiral Tegethof, printemps 1914; Kaiser Franz Josef, 1915-1916; X, juillet 1917.