Autriche.--Le type dreadnought sera représenté dans la marine autrichienne par 4 unités; le Viribus unitis prêt à entrer en ligne, le Kaiser Franz Josef et le Tegethof, qui paraîtront en 1914 ou 1915, et un quatrième non encore baptisé. Ces bâtiments déplaceront 22.000 tonnes; ils seront armés de 12 pièces de 30 centimètres en 4 tourelles triples et de 12 pièces de 15 centimètres. Leur vitesse sera de 21 noeuds. Les projets du gouvernement austro-hongrois relativement à un accroissement ultérieur de sa flotte ne sont pas connus.
Schéma des futurs cuirassés français type Normandie
à tourelles quadruples.(Voir le dessin des deux pages
suivantes.)
France.--Le Jean-Bart et le Courbet entreront en Méditerranée, prêts à combattre, à la fin de l'été 1913. En 1914, ce sera le tour du Paris et de la France. Ces quatre navires sont, on le sait, identiques avec 23.500 tonnes, 21 noeuds de vitesse, 12 pièces de 30 centimètres en 6 tourelles, 22 pièces de 14 centimètres, 4 tubes lance-torpilles sous-marins. Puis viendront, en 1915, les trois Provence, Lorraine et Bretagne, qui, ne déplaçant pas davantage, seront armés de 10 pièces de 34 centimètres en 5 tourelles axiales, 22 pièces de 14 centimètres et 4 tubes lance-torpilles sous-marins; vitesse: 21 noeuds. Enfin, au mois de mai 1913, on mettra en chantier quatre nouvelles unités de 25.300 tonnes nommées Flandre, Gascogne, Normandie, Languedoc, à bord desquelles sera innovée la fameuse tourelle quadruple que montre plus loin le dessin de Sébille. Dans chacun de ces énormes forts blindés et tournants, 4 canons de 34 centimètres seront placés parallèlement. Une forte cloison cuirassée coupera la tourelle en deux compartiments égaux renfermant chacun 2 pièces, ainsi mises à l'abri des avaries par éclats de projectiles qui pourraient pénétrer dans le compartiment voisin.
D'intéressantes discussions se sont produites autour de ce système nouveau auquel la marine est allée avec une décision qui n'est pas toujours dans ses habitudes. Elle estime, en effet, que la tourelle à 4 canons donne un maximum de puissance offensive pour un minimum de poids de cuirasse protectrice, et c'est là un argument des plus sérieux.
Il est bon de noter que, grâce à l'adoption de la tourelle quadruple, les Normandie, avec un déplacement supérieur seulement de 2.000 tonnes à celui des Provence, porteront 2 pièces de 34 centimètres de plus. En outre, leur flottaison, leur tourelle et le blockhaus seront protégés par une tranche d'acier de 32 centimètres, maximum employé sur les bâtiments étrangers. Ces cuirassés seront mus par quatre hélices, dont deux actionnées par des turbines, les deux autres par des machines alternatives du type ordinaire; ils fileront 22 noeuds.
En résumé, les quatre Normandie seront des bâtiments extrêmement puissants, rapides et très bien défendus. Ces qualités maîtresses les rendront plus redoutables qu'aucun des navires étrangers conçus à la même époque.
S. P.
LA TOURELLE QUADRUPLE (AVANT) D'UN DE NOS FUTURS CUIRASSÉS TYPE «NORMANDIE» Dessin d'Albert Sébille.--Voir l'article à la page précédente.]
En arrière et au-dessus de la tourelle, devant le projecteur et les cheminées, le blockhaus avec ses deux étages; l'étage inférieur pour le commandement; l'étage supérieur, surmonté des supports de télémètres d'exercices, pour le directeur de l'artillerie. Entre les deux paires de canons de 34, dans l'axe de la tourelle, le capot à deux ouvertures, qui protège le poste de télémétrie spécialement aménagé pour le combat. A gauche, à l'arrière-plan, la gueule, des quatre canons de la tourelle centrale (la troisième tourelle quadruple est à l'arrière). La petite artillerie, à un niveau inférieur, est, elle aussi, entièrement protégée. On parait avoir ainsi donné à ces «superdreadnoughts» le maximum, de puissance et de simplicité, et par conséquent de rendement militaire.