Les nouveaux radiophares au large de Brest.

L'administration s'est enfin décidée à mettre à l'essai deux radiophares étudiés par M. Blondel, ingénieur en chef des ponts et chaussées, attaché au service central des phares, qui, depuis longtemps, préconisait, pour guider les navires en temps de brume, la production de signaux hertziens à étincelles musicales convenablement rythmées.

Ces appareils, installés respectivement à l'île d'Ouessant et à l'île de Sein pour indiquer l'entrée de la rade de Brest, sont d'une remarquable simplicité.

Le radiophare, muni d'une petite antenne dont la portée ne dépasse pas 30 milles marins, peut fonctionner automatiquement durant trente heures sans aucune intervention du gardien. Il lance à des intervalles de 30 secondes des signaux formés par une note de musique: ut pour un poste, sol pour l'autre. Ces signaux sont reçus à bord par un homme quelconque de l'équipage, au moyen d'un petit récepteur convenablement réglé, dont l'installation revient à 350 ou 400 francs. L'appareil peut également recevoir les signaux horaires et les radiogrammes météorologiques de la tour Eiffel; il permet encore à un marin connaissant le code Morse de recevoir tous les radiotélégrammes émanant de postes côtiers ou de navires.

Le poste ne portant qu'à 30 milles, tout navire entendant les signaux par temps de brume sait qu'il se trouve dans le voisinage de la côte. On ne saurait apprécier exactement par l'intensité des signaux reçus la distance entre le navire et le radiophare; les appareils proposés jusqu'ici pour mesurer cette distance ne donnent point d'indications certaines. Néanmoins, quand un navire se trouve entre deux postes semblables, il reçoit toujours plus intenses les signaux du poste le plus rapproché; l'expérience tend à prouver qu'en général il peut évaluer avec une approximation de 10 à 15% sa position par rapport à la médiane coupant la ligne des deux stations.

D'ailleurs, le navire qui ajouterait à son installation un cadre d'orientation de Blondel pourrait déterminer la direction des deux émissions et connaître ainsi sa position exacte. La pratique de cet appareil est un peu plus compliquée, et elle oblige à faire pivoter le navire.

En tout cas, les renseignements fournis par le récepteur simplifié sont suffisants pour éviter aux marins les erreurs graves qui donnent lieu aux accidents. Le Congrès international de sauvetage, réuni à Paris, il y a quelques semaines, a émis le voeu que des petites--stations radiotélégraphiques de ce genre soient installées sur toutes les côtes.

Une falsification inattendue.

L'imagination des fraudeurs nous réserve de singulières surprises, M. Loucheux, chimiste au laboratoire central du ministère des Finances, nous apprend, dans les Annales des fraudes, que l'industrie allemande commence à exporter de «faux excréments d'animaux».

«Ce nouveau produit est façonné en petits cylindres irréguliers, de couleur brune et de longueurs différentes, mesurant environ 10 centimètres de circonférence et rappelant assez exactement la forme d'une matière moulée par un tube digestif de petit diamètre. Une odeur très nette de poisson indique déjà qu'il ne s'agit point d'excréments d'animaux. A l'analyse, on trouve des cendres et des matières organiques, dont une notable proportion d'amidon et d'éléments azotés.»