La courageuse jeune femme devait bientôt se laisser tenter et accaparer par l'aviation. Elle fit sa première envolée sur une «demoiselle» Santos-Dumont, monoplan extra léger, exigeant un véritable instinct d'acrobate et sur lequel bien peu d'aviateurs ont osé se risquer. On l'aperçoit ensuite sur un biplan, dans les Ardennes, au camp de Châlons, à Odessa, où elle fait une chute sérieuse.

En 1910, elle s'adjuge la coupe Femina en couvrant 167 kilomètres en 2 h. 55 minutes. Quelques mois plus tard, elle conquiert en Italie la coupe de vitesse offerte par le roi; elle part alors pour l'Amérique où elle gagne le grand prix de durée et s'adjuge le record féminin de la hauteur.

Le 31 décembre 1912, elle détient pour la seconde fois la coupe Femina, ayant couvert 254 kil. 800 en 2 h. 58. En ces derniers temps elle pratique l'hydroaéroplane et exécute des vols audacieux sur le Léman et à Trouville.

La haute distinction conférée à Mlle Dutrieu sera accueillie avec sympathie dans le monde sportif, où l'on apprécie autant la grâce que la bravoure; elle sera un puissant motif d'émulation et d'espérance pour les aviatrices françaises.

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Note du transcripteur: Les suppléments mentionnés en titre ne nous ont pas été fournis.