En présence de ces résultats, il est inutile d'insister sur l'intérêt capital que présente pour l'Algérie la continuation méthodique de l'oeuvre entreprise et son extension progressive à toutes les régions encore déshéritées, où cependant la découverte de l'eau artésienne est probable.

Le général Joffre donnant l'accolade au colonel Teyssier,
le défenseur de Bitche, promu grand officier de la Légion
d'honneur.

UN DOYEN DE L'ARMÉE FRANÇAISE

La défense de Bitche qui, de juillet 1870, tint bon jusqu'à, la paix signée, fut un des faits d'armes admirables qui consolèrent de ses deuils la patrie cruellement blessée.

Le colonel Teyssier commandait la place, à la tête de 2.400 hommes, avec 52 canons, dont 17 seulement pouvaient servir. Contre 20.000 Bavarois, il tint deux cent trente jours, ayant essuyé trois bombardements successifs. Et, la paix signée, il sortit, emmenant ses drapeaux et ses pièces, enguirlandées de lauriers.

Le colonel Teyssier vit encore. Il habite, vieillard de quatre-vingt-douze ans, universellement vénéré, Albi, la ville où il naquit en août 1821. Et le gouvernement de la République, en un moment où il convient de signaler plus que jamais à l'admiration des foules les grands devancier, vient de l'élever à la dignité de grand-officier de la Légion d'honneur.

Dimanche dernier, M. le général Joffre, le généralissime, le chef suprême de l'armée, allait lui remettre la plaque d'argent, insigne de cette dignité. Ce fut une cérémonie profondément émouvante.

Le glorieux défenseur de Bitche, droit encore, et bombant le torse sous l'habit noir et le gilet en coeur comme jadis sous la tunique de sous-lieu tenant, de blanc ganté, correctement, les cheveux et «l'impériale» pas plus que grisonnants, reçut, souriant, devant le Jardin national, en présence du drapeau du 15e de ligne, respectueusement incliné, l'accolade du général Joffre. Et le soir, rentré chez lui, il tenait, à sa famille et à ses amis, ce propos touchant, qu'a rapporté, dans le Matin, M. Hugues Le Roux: «Je n'ai connu qu'un si beau jour: quand les dames et les jeunes filles de Bitche m'ont apporté, sur la fin du siège, un drapeau qu'elles avaient brodé avec les franges d'une bannière de l'église, et auquel on avait accroché l'écharpe du maire de Sarreguemines. En le recevant, je leur ai dit: «Je demanderai que ce drapeau soit déposé au musée d'artillerie, jusqu'au jour où il pourra être rapporté ici par une armée française valeureuse et triomphante.»

UN ENGAGEMENT AU MAROC