Devant le Capitole: M. Woodrow Wilson lisant son message.
Assis derrière lui, son prédécesseur, M. Taft.
Son prédécesseur, M. Taft, quitta joyeux, en plaisantant avec ses amis, la résidence présidentielle, la Maison Blanche; M. Woodrow Wilson, a remarqué le reporter du New York Herald, était grave et portait déjà sur son «masque étroit» la trace des préoccupations que peut bien engendrer la lourde tâche de gouverner 90 millions de citoyens. Pourtant, le ciel était serein, et ce beau temps permit que le nouveau président fût «inauguré», selon l'expression américaine, en plein air, sur la terrasse du palais législatif. Le peuple put donc voir, avec émotion, son premier magistrat prêter serment à la constitution entre les mains du juge White, président de la Cour suprême, puis entendre--ceux-là, du moins, des spectateurs qui avaient pu s'approcher assez--la lecture du message présidentiel. Des bravos enthousiastes accueillirent et la formule du serment et la péroraison du discours; et on ne rit même pas, tant la solennité de l'acte était impressionnante, quand un plaisant, qui eût sans doute voulu voir M. Roosevelt aux côtés de M. Wilson et de M. Taft, lança d'une voix de stentor: «Où est Teddy?». Mme Woodrow Wilson et ses trois jeunes filles assistaient de l'intérieur du palais à la cérémonie.
LES SUFFRAGETTES AMÉRICAINES
Le défilé d'une armée de 9.000 suffragettes dans les rues de Washington.
Les suffragettes américaines n'avaient point voulu laisser échapper une si belle occasion de manifester en faveur de leur idée fixe. Elles avaient organisé un défilé monstre de plus de 9.000 personnes, qui se déroula d'abord en bon ordre. Mais, par suite de mesures de police trop rigoureuses, des rixes se produisirent bientôt. On avait eu recours à l'intervention de troupes de cavalerie, appelées de Fort Myer, pour dissoudre la procession des suffragettes. Celles-ci résistèrent. Il en résulta quelques plaies et bosses. Et, éparpillées par petits groupes, dames et demoiselles fanatiques du bulletin de vote se retrouvèrent dans un meeting où, en des discours véhéments, la police, le Parlement, le président lui-même, furent à leur tour copieusement houspillés.
| L'arrivée aux portes de la ville. |
La réception des notables au consulat d'Espagne. --Phot. Rectoret. |
L'entrée du général Alfau à la tête des troupes espagnoles a Tétouan