La truffe française,

La campagne trufficole est close ou à peu près, car les quelques truffes qu'on déterre maintenant ça et là ne peuvent compter comme une récolte sérieuse.

La récolte de la truffe qui, cette année, avait commencé de très bonne heure, finit donc, par contre, très tôt. En effet, certaines années on creuse des truffes jusqu'au 15 avril. Les truffes tardives sont, en général, particulièrement savoureuses et parfumées, mais leur volume est moindre.

Malgré l'arrêt prématuré de la production trufficole, la campagne aura été excellente et, dans toutes les régions où la précieuse cryptogame se récolte, les trufficulteurs se sont montrés particulièrement satisfaits. Partout la truffe a été abondante et de qualité parfaite. L'an dernier, au contraire, la campagne trufficole fut désastreuse. Ceci était dû à l'été exceptionnellement chaud de 1911. Pour qu'il y ait de la truffe, il faut qu'il pleuve au mois d'août. Or, en 1911, dans certains départements méridionaux comme le Vaucluse, qui est aujourd'hui le plus grand producteur de truffes de France, il n'était pas tombé une goutte d'eau pendant quatre mois.

L'abondance de la truffe est une richesse pour le pays, car il n'y a qu'en France qu'on rencontre la belle truffe d'un beau noir dont la chair est marbrée de mille veines blanches, la Tuber melanosporum, dénommée couramment truffe du Périgord. Or, la récolte de celle-ci se monte en moyenne à plus de 3 millions de kilogrammes.

La production de la truffe a augmenté depuis cinquante ans d'une façon progressive. Elle augmente d'année en année, car, chaque année, on plante de nouveaux chênes truffiers. C'est ainsi qu'en 1892 la statistique portait pour le Vaucluse une production annuelle de 470.000 kilogrammes et en 1903 de 716.000 kilogrammes, soit une augmentation de 250.000 kilogrammes en onze ans. En Dordogne les chiffres nous montrent également l'augmentation formidable de la production de la truffe qui de 160.000 kilogrammes en 1892 est montée à 420.000 kilogramme.

Malgré cela, la truffe n'a pas diminué de prix, parce que plus sa production augmente plus sa consommation croît en proportion. Peu de produits jouissent d'une telle faveur. Et cette faveur n'est pas imméritée, avouons-le...

Le tombeau de Sainte-Hélène.

Dans son ouvrage, dont nous avons rendu compte récemment, sur les lendemains de Sainte-Hélène: Après la mort de l'empereur, notre collaborateur Albéric Cahuet a dit, d'après des documents actuels, comment les domaines français de Sainte-Hélène (la maison de la captivité et le tombeau de Napoléon acquis en 1858 par Napoléon III au prix de 178.600 francs) se trouvaient sur le point d'être condamnés à l'abandon et à un prompt anéantissement par suite de l'insuffisance de crédits d'entretien qu'il est question de réduire encore, sinon de complètement supprimer. Ces crédits figurent actuellement au budget pour 6.000 francs (entretien d'un gérant, qui est en même temps notre agent consulaire à Sainte-Hélène) au chapitre: «Personnel des services extérieurs», et pour 3.000 francs au chapitre: «Entretien des immeubles à l'étranger.» Ces 3,000 francs servent à payer à la fois les salaires des gardiens, les réparations et les impôts. Or, la maison de Longwood, reconstituée à grands frais de 1858 à 1860 par une mission spécialement envoyée de France, menace maintenant ruine et il est question de supprimer le dernier gardien qui protège le tombeau --toujours très visité et avec beaucoup de recueillement, par les voyageurs--contre les incursions de bestiaux des domaines voisins.

Ces faits auxquels notre confrère le Matin a donné sa grande publicité ont vivement ému tous ceux qui considèrent que le souvenir de Sainte-Hélène demeure un grand souvenir français.