Sur l'estrade, élevée au fond de l'hémicycle où siège d'habitude le président de l'assemblée, en arrière et au-dessus de la tribune, le roi Constantin prit place, ayant à sa gauche la reine Sophie en grand deuil, à sa droite le métropolite d'Athènes. Il était entouré des princes ses enfants et ses frères, de tous les ministres, du haut clergé.

La cérémonie fut brève et d'une grande simplicité. Le métropolite--c'est à ce moment que fut prise la photographie que nous reproduisons ici--lut la formule du serment. Puis le roi, la main tendue sur l'évangéliaire, jura. Mais le respectueux enthousiasme que témoigna au roi et à la reine le Parlement entier donna à cette solennité un caractère particulièrement émouvant.

L'assassin du roi Georges 1er, entre eux gendarmes crétois.
Photographie prise le 19 mars, lendemain de l'attentat.

En contraste, un correspondant de Salonique nous envoie la photographie de l'assassin du roi Georges prise au lendemain de l'attentat. Ce Skinas, avec son oeil mauvais et fiévreux, et l'expression de haine et de douleur qui tourmente son visage, est bien le type du dégénéré que nous avaient annoncé les dépêches.

LES FÊTES RUSSES

Les échos des splendides fêtes du tricentenaire des Romanof ne sont pas encore éteints en Russie où l'union de la nation et de la dynastie régnante ne parut jamais plus étroite. Nous avons, dans un précédent numéro, donné les aspects de la rue, à Saint-Pétersbourg, lorsque le cortège impérial se rendit à la cathédrale pour y assister au service d'actions de grâces. Le document que nous publions aujourd'hui fixe un autre aspect de ces cérémonies commémoratives. Notre gravure représente, en effet, l'impératrice douairière recevant, en grand costume d'apparat, le 8 mars, dans la salle de concert du Palais d'hiver, les dames de la haute société de Saint-Pétersbourg à l'heure même où, dans une autre salle du palais, le tsar accueillait les délégations provinciales.

Le lendemain, le souverain inaugurait la Maison du peuple «Empereur Nicolas II», fondée par lui pour commémorer le tricentenaire de sa dynastie.

Les fêtes du tricentenaire se sont terminées à Saint-Pétersbourg par un banquet qui a réuni au Palais d'hiver, en présence de l'empereur, des deux impératrices et des grands-ducs, l'émir de Boukhara, le métropolite catholique, le khan de Khiva, les délégués mongols, le haut clergé orthodoxe, le patriarche d'Antioche, l'archevêque arménien, les ministres et tous les hauts dignitaires de l'État avec les représentants de la noblesse et des zemstvos et de nombreuses députations, ce qui ne représentait pas moins d'un millier d'invités.