Tandis que le pauvre enfant était confié à l'Assistance publique, la mère ramenait à elle son ami qui lui donnait une autre enfant, une fille. Celle-ci, convenablement élevée, épousa un Anglais, et fut dotée de 3 millions légués par son père qui, du reste, ne l'avait point reconnue. A plusieurs reprises, le jeune berger implora, mais en vain, l'aide de la soeur riche.
Marius ne se découragea point et il chercha à retrouver les traces de son grand-père à Londres. Il ne fut donc pas trop surpris d'apprendre, il y a quelque temps, qu'on recherchait un enfant naturel, portant son nom, né en 1869, et inscrit sur les registres de l'hospice de Marseille. Il se fit aussitôt reconnaître par l'Assistance publique et il apprit que son grand-père d'Angleterre lui avait laissé 37 millions!
M. le curé de Sernhac, qui nous communique ces détails, ajoute que le brave berger continue à garder le troupeau de son maître, M. Dupiat, en attendant que ce dernier lui ait trouvé un successeur.
LE DOYEN DES PHOTOGRAPHES
Une curieuse figure, qui marquera dans l'histoire de la photographie, vient de disparaître: M. Louis Pierson, le doyen de cet art qu'il vit naître et qu'il contribua à développer, s'est éteint, la semaine dernière, à l'âge de quatre-vingt-onze ans.
M. Louis Pierson.
Lorrain d'origine, il était arrivé à Paris en 1836, trois ans avant la découverte sensationnelle de Daguerre; d'esprit curieux, vite passionné par des recherches dont le champ s'ouvrait si vaste et si fécond, il devint l'un des meilleurs élèves de l'inventeur et s'attacha à simplifier la technique photographique, alors si délicate et compliquée. Encouragé par ces premiers succès, il installait bientôt rue de la Paix, puis boulevard des Capucines, un atelier où défilèrent toutes les notabilités parisiennes du second Empire.
Après la guerre, à laquelle il prit part: vaillamment, une nouvelle carrière s'offrit à son activité. Des liens de famille venaient d'unir sa célèbre maison à celle qu'avait fondée en Alsace son contemporain Adolphe Braun; aidé de ses deux gendres, MM. Gaston Braun et Léon Clément, il dirigea pendant trente ans le grand atelier d'art auquel on doit les premières reproductions des oeuvres conservées dans les principaux musées du monde.
Cette existence de labeur ininterrompu avait conduit M. Louis Pierson jusqu'à une vieillesse avancée: elle lui a permis d'assister aux progrès surprenants de la photographie, dont il avait connu les débuts incertains. Et ce dut être, pour lui, une douce satisfaction.