Le jeudi 3 avril dernier, à 1 h. 1/2 de l'après-midi, un Zeppelin atterrissait sur le champ de manoeuvres de Lunéville. L'aéronat fut heureusement protégé et très aimablement aidé dans sa manoeuvre de descente par le 17e régiment de chasseurs à cheval, qui, à cet instant précis, était passé en revue par le général de Contades de Gizeux.

Le dirigeable, ainsi soudainement descendu des nues, repartit vers l'Est le lendemain vers midi et demi.

C'est l'histoire des vingt-trois heures de séjour du Zeppelin allemand sur le sol français que nous résumerons ici.

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Pour la première fois un événement de ce genre se produit. Avant que d'en discuter, constatons qu'au point de vue des relations officielles entre gouvernements l'incident est clos.

Un communiqué, publié dès le lendemain matin de l'atterrissage, était, en effet, conçu dans ces termes:

Dès qu'il a été informé de l'atterrissage d'un ballon allemand à Lunéville, le gouvernement a prescrit une enquête immédiate confiée à l'autorité militaire.

Il y a été procédé par le général Lescot, commandant d'armes, et le général Hirschauer, inspecteur permanent de l'aéronautique militaire, assisté du sous-préfet de Lunéville, M. Lacombe.

De cette enquête, il résulte que le dirigeable est un ballon privé de la Société Zeppelin. Les trois officiers qui étaient à bord formaient une commission de réception.

Il résulte également de l'enquête que le ballon a atterri par correction en s'apercevant qu'il était au-dessus d'une grande garnison française. Il avait complètement perdu son orientation. Le capitaine George, président, de la commission de réception, a donné sa parole d'honneur qu'il n'avait été procédé par lui ni par ses compagnons à aucune observation concernant la défense nationale.