Mais le guide-rope traîne de toute sa longueur sur les toits, que la nacelle frôle à moins de 50 centimètres; ce freinage provoque des «coups de rabat», d'autant plus dangereux que la vitesse est grande, qui plaquent le ballon au sol et l'y retiennent comme «poissé», même si, délesté, il tentait de se relever.

D.--Le pilote, avec calme, profite d'un mouvement de recul du ballon pour larguer, sans le couper (la boucle intacte en fait foi), son guide-rope qui fut retrouvé villa de l'Espérance, à cheval sur la maison portant le n° 10, la «queue de rat» formant l'extrémité devant la grille et dans la direction de Paris. Aucun choc n'a encore eu lieu.


Villa de l'Espérance, à Fontenay-sous-Bois, où s'est accroché le guide-rope abandonné; sur le trottoir, un des principaux témoins, M. Spengler.

Maison contre laquelle eut lieu le premier choc qui tua sans doute trois des aéronautes et dont on voit les traces sur le mur; le ballon, en poursuivant sa course déviée, a abattu la cheminée de l'angle gauche du toit--La photographie suivante a été prise en montant sur le mur de l'appentis, au-dessous du point .

Plus loin, on retrouve dans des jardins peu propices à un atterrissage, une bouteille et les bâches, prudemment retirées à l'avance de leur filet resté à sa place. Allégé du poids de ces objets, le ballon se met en légère montée, et le pilote peut avoir l'espoir de franchir la colline. Malheureusement, après quelques secondes, insuffisantes pour permettre le jet du lest de fortune, la pluie et la grêle ramènent le ballon au sol.

E.--La nacelle est plaquée sur la façade d'une maison basse, isolée sur la colline, appartenant à Mme Juriecwiez. La violence du choc fut considérable; à la vitesse du vent évaluée à 50 kilomètres à l'heure s'ajoutait la force du mouvement pendulaire qu'avait pris la nacelle après l'abandon du guide-rope.

Un témoin, qui habite près de la maison fatale, a vu nettement, au moment du choc des officiers debout dans la nacelle. Quand celle-ci, après un instant d'arrêt, remonta verticalement en pulvérisant l'avance du toit et la cheminée, on n'apercevait plus personne à bord. Seul, un bras pendait.

La tourmente faisant rage, nul cri n'avait été perçu. On se précipita au pied de la maison pour secourir les passagers sans doute tombés du panier. On ne trouva qu'un passe-montagne et un képi.

Sur les cinq hommes, ceux qui étaient le plus rapprochés du mur au moment du choc durent être tués sur le coup: Aumont-Thiéville, le capitaine Clavenad et le sergent Richy. Tous trois, en effet, furent relevés plus tard, le crâne défoncé. La blessure de Clavenad semblerait indiquer qu'à la minute tragique il se tenait courbé.

Le jardin de M. Humblot, derrière la maison précédente; la nacelle, après avoir heurté le sol au point marqué par une croix et détruit deux arbres de l'espalier, a écorné le faîte du mur.--La photographie suivante a été prise, en sens contraire de la course du ballon, du petit toit désigné par le point .