LE NUMÉROTAGE DES ROUTES

Cantonnier rectifiant, au pochoir, le numérotage des
routes sur les bornes kilométriques de la Nièvre.

Le numérotage des routes, tel que l'avait proposé L'Illustration, vient d'être décidé par les ministres compétents.

Le 8 juin 1912, après avoir exposé les services que rendrait l'inscription des numéros des routes sur les bornes kilométriques, L'Illustration concluait:

«Pour amener la généralisation du numérotage et le rendre réellement pratique, deux circulaires ministérielles suffisent: l'une, du ministre des Travaux publics aux ingénieurs en chef dos ponts et chaussées de qui dépendent les routes nationales; l'autre, du ministre de l'Intérieur aux préfets qui la feraient appliquer par les agents voyers.

» Le travail serait exécuté par les cantonniers qui sont déjà familiarisés avec l'usage du pochoir servant à peindre les lettres et les chiffres, et la dépense de peinture, très minime, serait supportée par 1er fonds ordinaires d'entretien. En cinq ou six mois, l'opération peut être terminée sans crédits spéciaux.»

L'administration essaya alors, sur la route de Paris à Trouville, un nouveau mode de jalonnement qui fut décrit dans notre numéro du 21 septembre. Tout en rendant hommage à cette tentative, nous nous étions permis quelques critiques, faisant remarquer notamment que la face de la borne regardant la route était trop chargée d'inscriptions et portait des indications figurant déjà sur les faces latérales.

Notre proposition, reprise et appuyée par la pétition pour le numérotage des routes de France, vient de recevoir la consécration officielle: les deux circulaires réclamées ont été expédiées il y a quelques jours par les ministres compétents. Qu'il nous soit permis de souligner un résultat qui montre ce que peut produire la puissante diffusion de L'Illustration, mise au service d'une idée juste.

Devançant les instructions ministérielles, M. Wendelle, l'agent voyer en chef de la Nièvre, a déjà rectifié toutes les bornes de son département. Grâce à cette heureuse initiative, nous pouvons mettre sous les yeux de nos lecteurs une scène familière de la vie de la route qui se reproduira demain dans tous les coins de la France.