Depuis quelques années, la distillation du vin prend en Allemagne un développement considérable. En 1908, la production d'alcool de vin ne dépassait guère 3.000 ou 3.500 hectolitres; elle a atteint 13.000 hectolitres en 1911.
En même temps, le nombre des distilleries passait seulement de 142 à 169; mais ces établissements croissaient en importance et perfectionnaient leur technique de telle façon que le rendement en alcool par hectolitre de vin passait de 17 litres à. 19,7 litres. Il va sans dire qu'une partie de cet alcool est présenté au consommateur comme cognac français.
PAUL JANSON
Notre correspondant de Bruxelles nous écrit:
M. Paul Janson.
--Phot. Alexandre.
La mort et les funérailles de Paul Janson, le «Mirabeau» ou le «Gambetta» de la Belgique, incinéré mardi matin à Paris, au Père-Lachaise, se sont produites dans des circonstances presque dramatiques. Car cet avocat, le plus éloquent du barreau belge, et cet homme politique, le plus ardent du Parlement de Bruxelles, avait été baptisé «le père du suffrage universel»,--de ce suffrage universel, pour la conquête duquel 400.000 ouvriers ont abandonné le travail au moment où son principal protagoniste entrait en agonie. Ce sont, en effet, les efforts acharnés de ce Liégeois, de descendance française, qui assurèrent l'inscription du principe du suffrage universel dans la Constitution belge. Malgré lui, le principe ne fut adopté, en 1893, qu'avec le correctif du vote plural (supplément de voix aux propriétaires, aux chefs de famille et aux intellectuels diplômés). C'est contre ce correctif, donc pour le suffrage égalitaire, que s'insurgeaient les ouvriers de la grande industrie au moment où une multitude immense, comprenant des légions de grévistes, escortait lundi les restes de Paul Janson à la gare du Midi, d'où ils allaient partir pour Paris.
D'aucuns craignaient que de telles obsèques, en un instant de si profonde fièvre politique, ne fussent une occasion de désordres. Ces craintes étaient heureusement chimériques. On ne vit jamais foules plus recueillies, plus admirablement calmes et ordonnées, malgré la presque totale absence de force armée.
LA MORT DES ENFANTS
DE Mme ISADORA DUNCAN
(Voir notre gravure de première page.)