L'Elysée a été le dernier palais impérial de Napoléon.
Presque jour pour jour, un an après l'abdication de 1815, le duc et la duchesse de Berry s'installent à l'Elysée. Ils mènent là une existence charmante, exempte de l'étiquette insupportable des Tuileries, et se plaisent à la conversation spirituelle de leurs familiers et notamment de leur premier aumônier, le marquis de Montebello, ancien maréchal de camp, qui ne craint pas de se mettre au piano pour faire danser l'entourage du duc et de la duchesse. Le 29 janvier, écrit la comtesse de Boigne, «un bal magnifique et profondément ordonné a lieu à l'Elysée. Le prince en fit les honneurs avec bonhomie et obligeance.» Quelques jours après, le prince est assassiné par Louvel, et la duchesse quitte l'Elysée.
Sous la monarchie de Juillet, le palais voit tour à tour défiler une foule de personnages et de souverains qui viennent rendre visite au roi des Français: Mehemet Ali et la reine Christine, le bey de Tunis, la duchesse de Kent, etc..
Un décret de l'Assemblée Constituante de 1848 assigne l'Elysée comme résidence au président de la République, et le prince Louis-Napoléon Bonaparte s'y installe en 1850.
Après la proclamation de l'Empire, quand Napoléon III s'est résolu à habiter les Tuileries, l'Elysée s'agrandit grâce à l'acquisition des hôtels Sébastiani et Castellane. L'architecte Lacroix construit une aile destinée aux appartements particuliers du chef de l'État et il surélève en outre les bâtiments qui donnent sur le faubourg Saint-Honoré et sur la cour d'honneur.
Au moment des fiançailles officielles de Mlle de Montijo avec l'empereur, l'Elysée abrite durant quelques jours la future impératrice, et lors des Expositions il est utilisé comme palais des Souverains.
Depuis 1873, l'Elysée est affecté à la résidence du président de la République.
Marc Varenne.
L'ELYSÉE EN 1913
L'aménagement intérieur du palais de l'Elysée n'a guère changé au cours de ces dernières années. Le même mobilier Empire occupe et décore les mêmes salles. Quelques transformations ont bien été apportées par le président Sadi Carnot et par le président Félix Faure; mais, depuis lors, tout ou presque tout est resté intact et pareil. La destination des principaux salons et cabinets n'a guère varié non plus.
Nous allons parcourir rapidement tout le rez-de-chaussée du palais, en suivant un itinéraire naturel qui est celui du visiteur entrant par le vestibule d'honneur. Ce vestibule ouvre sur la cour d'honneur. Du porche du faubourg Saint-Honoré, auquel il fait face, les passants peuvent l'apercevoir, ainsi que le perron qui y conduit, ainsi que les vérandas et les verrières qui, aux jours de cérémonie, reçoivent un vêtement, de tentures et de draperies.