Sir Edward Grey.
LA PAIX ENTRE LA TURQUIE ET LES ÉTATS DES BALKANS.--Les plénipotentiaires signent, à cinq exemplaires, le traité de Londres, le 30 mai, dans la salle des Portraits du palais de Saint-James.
A la droite de sir Edward Grey, les plénipotentiaires turcs; à sa gauche, les plénipotentiaires grecs; à l'extrémité de la table, M. Danef écrivant, entouré des plénipotentiaires bulgares. Viennent ensuite, de droite à gauche, en face de sir Edward Grey, les plénipotentiaires monténégrins et les plénipotentiaires serbes. A droite du dessin, en groupes distincts, les secrétaires.
Dessin de S. Begg, de l'Illustrated London News seul admis dans la salle des pendant cette séance historique.

Le vendredi 30 mai, un peu après midi et demi, les plénipotentiaires de la Turquie et ceux des États balkaniques, réunis sous la présidence de sir Edward Grey, ministre des Affaires étrangères de Sa Majesté Britannique, dans la salle des Portraits, au palais royal de Saint-James, signaient le traité de paix qui met fin définitivement, il le faut espérer, aux hostilités commencées au mois d'octobre dernier.

Cinq exemplaires du «traité de Londres» avaient été préparés. Successivement, les représentants des puissances naguère belligérantes y apposèrent leurs signatures. Puis sir Edward Grey se leva et, en français, prit la parole: «D'ordre du roi, mon auguste souverain, je m'empresse de vous assurer de la vive satisfaction avec laquelle Sa Majesté apprendra la nouvelle de la signature de la paix que vous venez de conclure en son palais de Saint-James. Au nom du gouvernement britannique, je vous prie d'agréer mes plus cordiales félicitations... Certes nous n'ignorons pas que diverses questions demeurent, après cette paix, en suspens; mais j'aime à espérer que la signature même de ce traité facilitera leur règlement; qu'elle consolidera votre amitié réciproque et fortifiera la bienveillance que les puissances vous ont vouée. De tout mon coeur, je fais des voeux pour que de la paix ici conclue résulte un complet apaisement qui permette à chacun des États en présence de réparer ses forces si fortement éprouvées, développer ses territoires, assurer le bien-être et le bonheur de son peuple et la prospérité de sa vie nationale.»

Il faut souhaiter ardemment que les espoirs exprimés par sir Edward Grey se réalisent complètement. Pourtant, si les délégués ottomans, grecs, serbes, ont adhéré sans restriction aux paroles du ministre des Affaires étrangères, M. Danef, au nom du gouvernement bulgare, M. Popovitch, au nom du gouvernement monténégrin, dans les allocutions qu'ils ont prononcées pour remercier le roi George et son gouvernement, n'ont pu se tenir de faire des réserves quant aux conditions qu'ils venaient d'approuver de leur seing. Même, après la conclusion officielle de la paix, la discussion s'est prolongée. Et les délégués serbes, grecs et monténégrins ont refusé de signer sur-le-champ un protocole additionnel que leur soumettaient les Bulgares.

Le palais de l'Elysée vu de la place Beauvau. A gauche,
façade sur la rue du Faubourg-Saint-Honoré avec le porche d'entrée
ouvrant sur la cour d'honneur; à droite, côté de l'avenue de Marigny.

LE PALAIS DE L'ELYSÉE

L'Elysée, palais des présidents de la République française, est un monument discret, pourrait-on dire, et devant lequel le passant éprouve plus de curiosité que d'admiration. Ce n'est pourtant point une bâtisse vulgaire: seule l'exiguïté de l'espace vide qui l'entoure et la simplicité des murs ou des grilles qui protègent son parc lui valent cette renommée sans éclat. Vertes, l'Elysée, ce n'est pas le Louvre et son parc, ce n'est pas les Tuileries, mais ce palais clos et caché renferme des beautés dont l'existence mérite d'être rappelée de temps en temps au public oublieux. L'installation de M. Raymond Poincaré dans le palais de l'Elysée nous a semblé motiver suffisamment la publication d'une série de documents sur ce monument. Ces documents sont de deux sortes: d'une part M. Marc Varenne, qui fut le chef du secrétariat particulier de M. Fallières, a résumé pour nous l'historique du palais, et nous avons nous-mêmes réuni quelques renseignements sur son utilisation actuelle; d'autre part nous avons fait prendre plusieurs vues en couleurs des principaux salons, cabinets ou façades de la demeure de nos chefs d'État, on les voit reproduites aux pages suivantes. Cette partie de notre travail sur le palais national est absolument nouvelle et originale, et l'on peut juger que nos collaborateurs ont pleinement réalisé le projet que nous avions formé de composer, par l'image, une documentation inédite, à la fois historique et artistique, sur le palais de l'Elysée.

L'HISTOIRE DE L'ELYSÉE