Encore quelques milliers de balles par-dessus le filet, et tu y seras presque. Mais, en attendant, ne tape pas sur chacune à tour de bras. Tennis n'est pas synonyme de frénésie. Et si tu savais ce que tu es ennuyeux pour tes souffre-drives!

Ne t'accroche pas, parasite indécramponnable, aux basques de Laurentz ou de Gobert. Il ne t'est à peu près d'aucun profit de jouer avec beaucoup plus fort que toi. Regarde, et escrime-toi de préférence contre qui peut te rendre quinze au maximum.

Si, un jour, Germot, vaguement surentraîné, échange avec toi quelques balles, ne répète pas pendant six mois d'un ton négligent: «J'ai pris quatre jeux à Germot.» Il les a laissés tomber, et tu t'es borné à les ramasser.

Tu Marcellus eris! crois-le, je n'y vois nul inconvénient. Mais rappelle-toi que tu ne l'es pas encore.

Au vieux joueur:

O toi qui fus champion, je sympathise. Tes muscles se sont rouillés, tes articulations raidies, ton haleine est devenue plus courte. Et, pourtant, tenace, tu n'as pas déserté les courts. Je t'en félicite. C'est un bon signe de santé physique et morale. Continue. Il t'est encore permis de jouer les handicaps. Mais surveille-toi. N'oublie pas que tu es au bord d'être ridicule. Il t'appartient de faire en sorte de ne pas te dégoûter toi-même.

Deux jeunes championnes
revenant du court.

Évite le sillage des petites jeunes filles et des grands champions. Tu les embêtes, et, malgré leur excellente éducation, tu t'apercevras bientôt qu'ils ne t'amusent pas.

Approprie tes ambitions à ce qui te reste de valeur. Pour peu que tu aies à promener du ventre, abstiens-toi les singles prolongés. Prends garde que tes courses évoquent l'autobus et ta face congestionnée le disque d'alarme.