Dans les fourrés épineux de l'Est africain, du Cap à l'Abyssinie, jusqu'à 3.000 mètres d'altitude, on trouve la plus belle de toutes les antilopes: le coudou.

De grande taille, de formes élégantes, la robe d'un brun roux strié de quelques lignes blanches parallèles, la tête petite surmontée de la plus admirable paire de cornes spiralées qu'il existe, c'est un animal magnifique.

Très furtif, on l'aperçoit rarement au clair et dans les bush épais où il se tient le jour, sa recherche est malaisée et son approche très difficile. Il se nourrit de feuilles et de bourgeons, et vient souvent, le soir, paître l'herbe des clairières.

Il existe un petit échantillon de l'espèce, le lesser-kudu des Anglais, Strepsiceros imberbis, assez abondant dans l'Est africain. Dans le British-East-Africa notamment, il existe un peu partout entre les stations de Tsavo et de Makindu. Je conseille au sportsman de s'arrêter à la station de M'toto-Andeï, sur l'Uganda Railway, et de diriger ses recherches avec un bon guide de la tribu des War Kàmba entre la voie ferrée et la base du massif des Ongolea.

A côté de toutes ces antilopes, il ne faut pas oublier leur compagnon presque inséparable: le zèbre. Il en existe plusieurs espèces qui varient par la taille, par le nombre et la disposition des rayures, nulle n'est plus belle que le zèbre de Grant coloré par les rayons si riches du soleil équatorial. L'espèce la plus favorisée au point de vue de la taille est le zèbre de Grévy, spécial au Somaliland et qui n'atteint pas au sud l'Équateur. Son domaine est même curieusement délimité par la rive gauche du fleuve Guaso-Nyiro, qui décrit un vaste arc de cercle autour du puissant massif de Kénia et va se perdre dans un immense marécage, le Lorian.

Le zèbre est si peu méfiant, si peu résistant à la balle, si lourd, et offre une telle cible que le tirer n'est plus du sport, mais du massacre, ce sont donc les novices ou les disciples de Costecalde qui se livrent à cet exercice.

Cependant, un impérieux besoin de viande oblige quelquefois à en sacrifier. La chair est rouge, semblable à celle du boeuf et excellente à mon goût; les colons, pourtant, la dédaignent, en général.

Tous ces beaux animaux de la steppe ont actuellement une vie bien précaire, constamment obligés de surveiller les quatre points de l'horizon, le jour, à cause de l'homme acharné à leur perte, ils doivent se garer encore, la nuit, des entreprises du lion.

LA VIE ET L'HUMEUR DES LIONS

Le grand félin, que je ne nommerai pas «roi des animaux», réservant cette appellation honorifique au seul qui la mérite, l'éléphant, existe partout où il y a des herbivores en dehors des forêts. Il n'est pas rare dans la savane, il est extrêmement abondant dans les steppes où la vie animale pullule et se tient surtout à leurs confins, à cause dos couverts.