Des robes souples, vaporeuses, enveloppantes, où la mousseline de soie, la précieuse dentelle, le tulle neige, la fine charmeuse, soulignés de gros rubans, font merveilles, des chapeaux qui supportent toutes les fantaisies de l'aigrette et du paradis ou qu'orne encore le tulle, disposé en grands nouds légers: tels sont apparus, dimanche passé, en cette belle réunion de Chantilly, où se courait le Derby français, les derniers produits de la Mode, décidément parée pour les ardeurs de l'été... Cette fois-ci, les photographes se sont plu à saisir en contre-jour quelques-unes des élégantes qui remplissaient le pesage. La précaution était nécessaire pour obtenir des images où tous les détails fussent mis en valeur, et non pas absorbés par l'éclat direct du soleil: on lui doit aussi--car l'instantané est impitoyable--cette silhouette inattendue de jeune femme, un peu trop sommairement vêtue sous sa robe aérienne et surprise par l'objectif avec une cruelle indiscrétion.
A CONSTANTINOPLE
L'investissement, par la force armée, de la maison où
s'étaient enfermés les meurtriers.
| La police pénètre dans une maison d'où elle pourra surveiller les assiégés. | Les meurtriers capturés sont emmenés en automobile. | La garde de la maison enlevée d'assaut. Photographies Taïb Kope. |
La capture des meurtriers du grand vizir Mahmoud Chefket.
Pas un instant la tranquillité de Constantinople n'aura été troublée après l'assassinat de Mahmoud Chefket pacha et deux jours à peine auront suffi pour arrêter ses meurtriers. Tout l'honneur en revient à l'énergie du gouverneur militaire Djemal bey et du préfet de police Azmi bey.
La recherche des assassins a donné lieu à un épisode émouvant. Ceux-ci s'étaient réfugiés à Péra dans un immeuble de la rue Piré Mehmed où la police les découvrit. Ils s'y défendirent avec acharnement durant trois heures.
Agents et pompiers occupaient les alentours de la maison, le doigt sur la gâchette de leur fusil. Dès le début de l'affaire, un officier, Hilmi bey, fut blessé mortellement. La police avait pénétré dans la maison sise en face de l'immeuble assiégé. Assassins et agents échangeaient de là coups de fusil et coups de revolver. Cependant d'autres policiers, avec le préfet à leur tête, entraient dans une maison mitoyenne de celle occupée par les meurtriers, faisaient sauter les cloisons et s'emparaient de trois hommes, le capitaine Kiazim, le lieutenant Ali bey et un certain Chefky qu'une automobile emportait aussitôt à la prison de la cour martiale.