Azalées et Hortensias.

Bégonias Gloire de Lorraine.

Renan thera. Odontoglossum et Oncidium. Dendrobium. Autre variété de Dendrobium.
Un coin de la serre des Orchidées.

Hortensias.

LES FLORALIES DE L'EXPOSITION DE GAND

Des potées de bégonias «Gloire de Lorraine» appelaient d'emblée les regards des profanes par le prestige de leur ton de rose brique, et les connaisseurs les proclamaient presque uniques parmi les bégonias hybrides, supérieurs au prototype naturel et homogène. Hybride encore, ce groupe de cinéraires où le bleu indigo lutte avec le rouge sang et le violet intense pour composer un tableau qui met l'oeil en tumulte, et l'on sent bien que l'audace imaginative et la persévérance du botaniste ont passé par là et surenchéri victorieusement sur la conception de la nature... Quant à la tribu des orchidées qui emplissaient huit salonnets de leurs gestes pleins de fier décorum ou de grâce aristocratiquement alanguie et retombante, il faudrait des pages pour les énumérer et les dépeindre. Jamais on n'avait vu réunie une telle profusion de ces Reines exquises et «maniérées» du monde végétal,--à croire que cette élite patricienne était devenue une démocratie innombrable. Que dire de l'infinité et de la subtilité de leurs bigarrures, et comment définir des nuances qui vont de la teinte de la neige ou du nuage à celles des velours violets, des satins verts ou des bronzes dorés. Le groupe que montrent nos photographies et où elles se présentent, au milieu des hautes et souples lianes dont elles sont les luxueuses parasites, appartient à un assortiment magnifique des genres odontoglossum, cattleyas, amarylles et vandas qui se déroulent en grappes jaunes, blanches ou mauves, en silhouettes d'insectes ou d'oiseaux, ou en admirables cols d'urnes.

On m'a dit que l'ensemble des Floralies de Gand avait été assuré contre les accidents pour quatre ou cinq millions, dont la grosse part s'appliquait aux orchidées. Quel salon de peinture moderne prétendrait atteindre ou surpasser pareille évaluation, pour des risques de huit jours? Mais les fleurs n'ont qu'une saison. Et c'est précisément ce qui fait le prix de ces expositions fugitives, de ces floralies où l'on court comme à un spectacle de radieuse jeunesse sans lendemain, à un étalage de beauté dont il faut se hâter de jouir et dont le souvenir vaudra plus que la possession des choses plus durables et pour cela moins rares.
Gérard Harry.