Si on met à part la Russie d'Europe, qui possède 196 millions d'hectares de forêts, la France, avec ses 9.800.000 hectares boisés, occupe le premier rang en Europe, suivie de très près par l'Autriche, la Hongrie, la Prusse et l'Espagne.
En présence de ces chiffres, on conçoit que l'aménagement et la conservation des forêts présentent un intérêt économique de premier ordre, tant au point de vue de l'exploitation commerciale que sous le rapport de la régularisation du régime des eaux. Or, avec le régime fiscal français, les propriétaires sont obligés de couper à l'excès s'ils veulent tirer quelques ressources de leurs forêts. L'impôt atteint en moyenne 112% du revenu pour les forêts feuillues, il varie de 27 à 40% pour la futaie. Le Congrès a donc demandé l'évaluation du revenu imposable d'après une nouvelle base; en même temps, il a envisagé, les moyens de régler l'intervention de l'État dans la gestion des bois particuliers et de classer comme «forêts de protection» les forêts reconnues nécessaires au maintien des terres sur les pentes, à la protection contre les avalanches et à la défense du sol contre l'érosion.
A ces deux questions, d'une importance primordiale, s'en rattache une autre qui, depuis longtemps déjà, a particulièrement retenu l'attention du Touring-Club: création d'un «parc national» intangible, comme celui que la Suisse a récemment créé dans la Basse-Engadine, aux environs de Zernez. Grâce à l'initiative de M. Mathey, conservateur des forêts, ce parc est aujourd'hui constitué dans l'Oisans, une des plus belles régions du Dauphiné. Englobant le cirque de la Bérarde et une partie du territoire de Saint-Christophe, il comprend déjà près de 13.000 hectares. Il n'y a plus qu'à l'aménager en y construisant les sentiers et les huttes nécessaires et en y réintroduisant les espèces animales ou végétales qui ont disparu. Ce qui, sans doute, ne tardera point, grâce à la collaboration du Touring-Club.
| Mme Félia Litvinne sur la scène du théâtre de verdure. |
Me Henri-Robert. M. et Mme F. Labori. M. Lescouvé, proc. de la Républ. |
Une fête champêtre chez Me Fernand Labori.--Clichés de M. le président Lemercier.
Inauguration du monument aux victimes du Pluviôse, à Calais.--Phot. M. Labroy.
AUX VICTIMES DU PLUVIOSE
Trois ans exactement après les funérailles solennelles qui furent faites aux vingt-sept victimes du Pluviôse, en présence du chef de l'État et des membres du gouvernement, on a inauguré, dimanche dernier, à Calais, un monument commémoratif de la catastrophe. Pour un mausolée élevé naguère au cimetière du Chesnois, à Belfort, et que nous avons montré dans notre numéro du 17 août 1912, le statuaire Bartholomé avait imaginé d'exécuter, en bas-relief, une figure de la Douleur nationale tendant au-dessus de la mer, en un geste désespéré, la couronne des héros et des martyrs. Le monument de Calais, oeuvre émouvante de M. Emile Guillaume, représente un génie ailé qui se penche, au ras des flots, sur le capot du sous-marin, comme pour apporter à ceux qu'il renferme le suprême réconfort.