Et tour à tour nous voyons arriver le feld-maréchal sir John French, le duc de Connaught, le prince Arthur son fils, l'amiral prince Louis de Battenberg, «premier lord de la mer», d'autres généraux encore, d'autres amiraux, puis des ministres: M. Asquith, sir Edward Grey...
La reine Mary et la reine-mère Alexandra,
le 25 juin, dans leur voiture fleurie.
Un commandement bref, un bruit d'armes, le God save the King qui éclate: voici le roi, tout seul dans une Victoria attelée de deux nobles bêtes. Cinq minutes plus tard, le train présidentiel, d'un roulement mourant, entre sous le hall, sa machine jonchée, à l'avant, de verdure et de fleurs, son corselet noir cerclé, pour la circonstance de tricolore, son tender chargé de charbon peint en blanc; et elle s'appelle la France.
M. Raymond Poincaré à l'hôpital français de Londres.
M. Poincaré. M. Gambon. Lady-Mayoress.
L'arrivée au Guildhall: après les présentations, M. Poincaré, accompagné par le duc de Connaught, passe la garde en revue.
Cette première entrevue du roi avec le président fut empreinte d'une évidente et chaleureuse cordialité; aux accents de la Marseillaise, on ne vit que deux sourires, on devina des mots charmants. Un clair soleil, perçant enfin la nue, illuminait le haut vitrage, et, blond, frêle et fin dans son uniforme de marin, tout gracieux, tout heureux, le prince de Galles traversait cette scène d'histoire comme l'image même de l'éternellement jeune espérance.
Le grand carrosse de gala, capitonné de satin cerise s'éloigna, emportant le roi et le haut représentant de la République française. On n'entendit plus dehors qu'une galopade, des vivats lointains.