Mlle Aubertin.
Il y a quelques mois, nous annoncions la disparition, à Metz, d'une Lorraine de grand coeur, Mme Bezanson de Viville, qui avait été l'une des premières à honorer la mémoire des soldats tués sur les champs de bataille de 1870. Un nouveau deuil vient d'affliger ceux qui ont gardé, dans nos provinces perdues, le culte du souvenir: Mlle Clotilde Aubertin à qui, pour son amour de l'ancienne patrie, on avait donné, là-bas, ce beau surnom d' «Aubertin-la-France», est morte à un âge très avancé.
Née à Toulouse, où son père, un Messin, était inspecteur général des fonderies de l'artillerie, Mlle Aubertin vivait depuis très longtemps à Metz. Déjà, pendant le siège, elle s'était distinguée par son dévouement en se consacrant, comme infirmière, aux soins des blessés recueillis dans l'ambulance des Dames du Sacré-Coeur. Après la guerre, elle prit une part active à l'oeuvre des tombes militaires françaises qui remplissent le cimetière Chambière et le cimetière de l'Est: chaque année, avec un groupe de Messines, elle se rendait, en pèlerinage patriotique, au monument élevé à nos soldats, pour y déposer une couronne cravatée d'un ruban tricolore.
La Société française de l'Encouragement au bien lui avait, il y a une dizaine d'années, décerné sa grande médaille de vermeil.
Après les exécutions du 24 juin, à Constantinople: la
foule des curieux entoure les potences, sur la place Bayazid.--Phot. Ferid Ibrahim.]
LES PENDAISONS DE CONSTANTINOPLE
Nous avons, dans notre dernier numéro, publié les portraits des condamnés à mort, auteurs ou complices du meurtre du grand vizir Mahmoud Chefket pacha, qui ont été exécutés à l'aube du 24 juin. La photographie que nous reproduisons aujourd'hui donne la vision des potences après ces pendaisons exceptionnelles par le rang social de plusieurs des suppliciés.
Les uns et les autres avaient été revêtus des longues chemises blanches, l'espèce de suaire dont on les enveloppe quand ils vont mourir.