La deuxième armée bulgare du Nord (général Koutintchef), passant sur la rive droite de la Zletovska, avait occupé les positions de Zletovo, de Dreveno, de Neogasi, chassant d'Istip et du confluent de la Bregalnitza les Serbes qui, avant l'offensive, occupaient ces positions avec les Bulgares.

D'autre part, l'aile gauche de Koutintchef ayant reçu des renforts de l'armée bulgare du Sud (général Ivanof) avait pu s'emparer de Krivolak et rejeter les Serbes sur la rive droite du Vardar.

Les Serbes, d'abord, avaient fléchi sous le choc. Mais les importants renforts qui leur furent envoyés d'urgence de Kumanovo et d'Uskub leur ont permis de se redresser et de prendre à leur tour l'offensive. Après avoir repoussé les Bulgares sur la rive gauche de la Zletovska, l'aile gauche serbe, dans une manoeuvre enveloppante, s'est emparée des deux hauteurs de Retka-Boukva et de Sultan-Tepe, tournant ainsi l'aile droite bulgare. La marche en avant s'est continuée par la prise des deux positions de Raitchevo et de Banja, qui commandent la ville de Kotchana, et par la prise de Kotchana elle-même, que durent évacuer les Bulgares, refoulés dès lors entre la rive gauche de la Bregalnitza et les pentes nord des monts Platchkovitza. Pendant ce temps, l'aile droite serbe opérant contre l'aile gauche de Koutintchef s'emparait de Krivolak et d'Istip, rejetant les forces qui lui étaient opposées sur les pentes ouest des monts Platchkovitza.

Du côté grec.--En même temps que l'armée du général Koutintchef au nord avait agi contre les Serbes, l'armée du général Ivanof au sud progressait contre les Grecs. Une partie des forces du général Ivanof, marchant sur Salonique, s'était avancée jusqu'à Baldja, à 25 kilomètres au nord de la ville, tandis qu'une division s'emparait de l'importante position de Guevgheli, point de jonction des Serbes et des Grecs, et de la voie ferrée de Karasuli à Kilindir.

D'autre part, tout à fait au sud, l'extrême aile gauche bulgare chassait les Grecs des pentes sud du Panghaïon, leur faisait repasser la Strouma et s'emparait de Nigrita. L'offensive bulgare ne devait pas aller plus avant.

Rappelé d'urgence à Salonique menacée, et où, dès les premières nouvelles des engagements d'avant-postes, le bataillon bulgare avait été capturé par les Grecs après une lutte dont nos gravures d'aujourd'hui prouvent l'acharnement, le roi Constantin marchait déjà à la tête de toutes ses troupes disponibles contre les Bulgares et les repoussait, d'étape en étape, à Sarigol, à Kilkitch, à Irikli. Son armée, continuant sa marche en avant, reprend le tronçon de chemin de fer de Karasuli à Kilindir, bat les Bulgares à Tchidemli, rétablit, en s'emparant de Guevgheli, les communications avec les Serbes, puis occupe les importantes positions de Doïran et de Strumitza, rejetant l'adversaire sur les pentes sud du mont Platchkovitza, cependant que l'aile droite, refoulant devant elle l'extrême gauche bulgare, reprenait Nigrita et arrivait sous les murs de Sérès.

L'encerclement des Bulgares.--Il suit de ces opérations combinées des Serbes et des Grecs que l'armée du général Koutintchef et, en grande partie, l'armée du général Ivanof, se trouvent acculées, sans communications possibles, aux flancs des monts Platchkovitza, où les Serbes par le nord et l'ouest, et les Grecs par le sud tendent à les encercler.

L'occupation, par les Grecs, de Demirhissar a coupé la route de Sérès. Les ravitaillements sont devenus, pour l'une et l'autre armée bulgare, d'une extrême difficulté et le mouvement concentrique des Serbes et des Grecs, s'il réussissait, isolerait leur adversaire dans une position presque désespérée.

Les tentatives de pénétration en Serbie.--Il faut ajouter encore, pour résumer toutes les informations des télégrammes, que des tentatives de passage de troupes bulgares en territoire serbe ont été signalées au nord d'Egri-Palanka, ainsi que dans les environs de Tzaribrod sur la ligne de Nich, à Saint-Nicolas, et, plus au nord encore, à Zaïtchar. Ces reconnaissances paraissent avoir été partout refoulées par les Serbes. De ce côté, les informations sont confuses, mais il semble bien que les Bulgares là encore ont été fort éprouvés.

LA MOBILISATION ROUMAINE