--Est-ce toi?

--Nein!

--Est-ce toi?

--Nein!

-Mais vous ne comprenez donc rien! leur cria-t-il d'un air furieux, et dans le plus pur dialecte viennois, vous avez hérité de douze millions de couronnes!

Rien!

--Allons! En voilà assez! Renvoyez-les à leur compagnie:

Cet incident était depuis longtemps sorti de ma mémoire, lorsqu'en 1902 je reçus une grande enveloppe timbrée du sceau du ministère des Affaires étrangères. Elle contenait une lettre dont la lecture m'arracha une exclamation de surprise.

Paraphrase diplomatique de la demande de renseignements de l'agence viennoise, elle insistait pour que la nouvelle enquête fût menée avec la plus grande discrétion. J'étais, en effet, averti confidentiellement que Justus Perth n'était qu'un nom d'emprunt et que le personnage qu'il fallait retrouver à tout prix s'appelait le comte Otto von X...

Une photographie, plus récente que celle qui m'avait été adressée la première fois, était épinglée au verso du pli ministériel, et, dès que j'eus jeté les yeux sur elle, je poussai un cri de stupéfaction: le comte Otto von X..., le pseudo Justus Perth, n'était autre que le secrétaire Dhürmer qui avait si vivement interpellé les deux pauvres diables amenés dans mon cabinet!