Les unes, enfilées directement dans le caisson, vont s'ancrer dans le lit du fleuve. Leur poids est calculé de façon qu'elles continuent à s'enfoncer si le niveau de l'eau vient à baisser, entraînant le caisson qui ne risque pas de rester suspendu au-dessus de l'eau.

Les autres sont enfilées le long du tablier du pont et viennent s'attacher au caisson. Une plaque d'arrêt butant sous le tablier limite leur course et la remontée du caisson sous la poussée d'une crue.

Outre que ce système paraît devoir offrir une résistance considérable à la poussée des glaces qui dépasse parfois 3.000 kilos par mètre linéaire, il permettra de laisser la navigation libre jusqu'au dernier moment. En cas de danger, il suffira de quelques heures pour amener le caisson à la place qu'il devra occuper. Au lieu de le laisser flotter, on le remontera au moyen de treuils contre le tablier pour le descendre et fermer le passage dès que la débâcle se sera suffisamment dessinée en amont.

Le prix de la houille blanche.

Une grande partie du public s'imagine que les chutes d'eau fournissent de la force motrice gratuite; or, les travaux nécessaires pour capter et utiliser la puissance hydraulique entraînent des frais considérables, susceptibles de varier dans de très fortes proportions.

Le prix d'installation dépend d'abord de la hauteur et du débit de la chute; en général, les chutes hautes et à débit réduit sont plus avantageuses que les chutes basses à débit énorme.

Ainsi, à Jonage (France), une chute de 12 mètres, fournissant 100 mètres cubes par seconde, donne une puissance de 12.000 chevaux, et le prix de l'installation ressort à 1.800 francs par cheval.

Au contraire, à Méran (Autriche), une chute de 60 mètres, débitant seulement 9 à 15 mètres par seconde, donne une puissance de 8.000 chevaux, et le prix du cheval ne dépasse pas 400 francs. De même, à l'usine de la Praz, une chute de 78 mètres débitant 12 mètres fournit une puissance de 12.500 chevaux, et le prix d'installation du cheval est seulement de 212 francs.

Ces quelques chiffres montrent que l'aménagement d'une chute d'eau constitue toujours, au point de vue du rendement, un problème délicat.

Influence de la foret sur la neige.