Les tirailleurs indo-chinois au port d'armes, avant le
passage du président de la République.
A 8 heures, toutes les troupes qui doivent participer à cette belle fête militaire sont rangées face aux tribunes, sur trois lignes, sous le commandement du général Michel, gouverneur militaire de Paris. A ce moment, le canon tonne et le cortège présidentiel débouche, au milieu des acclamations, par la route de la Cascade. On ovationne à la fois le président de la République et le ministre de la Guerre, M. Etienne, qui se trouve dans la même voiture et dont on sait la collaboration énergique avec le président du Conseil, M. Louis Barthou, pour obtenir le vote de la loi de trois ans. Après que la voiture du Président, à côté de laquelle galope le général Michel et que suivent tous les attachés militaires étrangers, a passé sur le front des troupes, M. Poincaré s'avance vers les détachements des corps qui doivent recevoir un drapeau ou un étendard et qui sont rangés devant la tribune présidentielle. Ils représentent la gendarmerie, et, avec une douzaine de régiments métropolitains, quatre régiments d'artillerie coloniale, les six régiments d'infanterie coloniale mixte du Maroc, cinq régiments de tirailleurs algériens, les 2e, 3e et 4e régiments de tirailleurs sénégalais, le 1er régiment de tirailleurs annamites; le 4e régiment de tirailleurs tonkinois, les 1er, 2e et 3e régiments malgaches, le régiment indigène du Tchad, le régiment indigène du Gabon. Immobile, très droit, avec son visage toujours grave et recueilli, le président de la République en l'une de ces courtes allocutions où il sait si bien exprimer, en quelques mots métalliques et bien frappés, ce que tout notre pays sent et pense, a répété à tous ces défenseurs de toutes les France d'au delà des mers la confiance que la patrie mettait en eux. Puis, au milieu de l'émotion générale, il a remis à chaque délégation le drapeau qui lui revenait, et décoré--en l'embrassant, aux acclamations de la foule--le drapeau du 1er tirailleurs sénégalais, d'une croix bien gagnée et qui sera le fétiche de nouvelles victoires.
Notre armée noire, qui depuis tant d'années, et à peu près chaque jour, fut la première à la peine, partout, dans cette Afrique où l'on continue de se battre, fut, cette fois, la première à l'honneur dans ce Paris dont la population, mieux que nulle autre, s'entend à fêter l'héroïsme. Les tirailleurs, sous le commandement du général Gouraud revenu du Maroc, et les spahis noirs furent, tous ces jours-ci, les enfants chéris de notre capitale. On les acclama à la revue, au défilé. Et de mille façons la sympathie populaire se manifesta à ces beaux soldats bronzés, presque tous décorés de la médaille militaire ou coloniale, et qui ne cessaient d'intéresser la foule parisienne par leurs silhouettes pittoresques et leurs attitudes martiales, avec aussi leurs étonnements et leurs joies naïves, lorsque, par exemple, dans le ciel de la revue, ils virent passer le dirigeable. On a fait tout ce que l'on a pu pour leur rendre agréable ce séjour à Paris. Le Cercle du soldat, l'oeuvre si intéressante de M. René Thorel à qui devaient aller tous les concours a donné une réception--que présidait le général, Michel ayant à ses côtés le général Dodds--avec jeux, spectacle et rafraîchissements, en l'honneur des soldats indigènes, dont les officiers avaient été fêtés la veille au cercle militaire. Et lorsque, mardi soir, la musique des tirailleurs, la nouba, qui, déjà, avec ses curieux instruments, s'était fait entendre le samedi d'avant au concert à la garden-party de l'Elysée, sortit de l'École militaire et traversa en retraite les rues de Paris, une foule énorme leur fit cortège et les ramena, en triomphe, à leur quartier.
LA REVUE DU 14 JUILLET.--Le défilé des chiens sanitaires.
Les tribunes du pesage de Longchamp. Moulin et château de Longchamp. La Cascade.
Piste. Troupes spéciales. Infanterie. Artillerie, et plus loin cavalerie. Matériel d'aviation.
Les troupes massées sur le champ de courses avant le défilé.